Pourquoi vendre Alstom serait une bonne nouvelle

(Mis à jour le: 14 octobre 2014)
Evaluer cet article

Le groupe français Alstom vient enfin de trouver un acquéreur pour ses actions et celui-ci sera en mesure de faire un accompagnement pour sa croissance à l’échelle mondiale. La France doit agir dans les plus brefs délais pour que son modèle industriel soit réformé.

Vers une réforme du modèle industriel français ?

En 2005, Danone avait, selon les rumeurs, reçu une OPA de la part de PepsiCo. Mais avec le souci de l’intérêt stratégique et la préservation des millions de vaches qui produisent le lait pour Danone, les politiciens français ont été sollicités pour que cette OPA n’aboutisse pas. Cependant, cela a été différent pour l’OPA de Pechiney (dont la part majoritaire a été cédée à Apollo, un fonds d’investissements américain et 39% ont été conservés par Rio Tinto), celle faite par Mittal concernant le groupe Usinor Sacilor, celle concernant la bourse de Paris, qui fait aujourd’hui partie du groupe InterCaontinentalExchange (New York), ou bien encore celle afférente au regroupement de Holcim et de Lafarge qui serait prochainement sous une direction suisse.

Dans cet environnement où se dessinent peu à peu les ventes des grands groupes, Alstom, l’un des groupes au premier rang dans les secteurs des transports notamment ferroviaires et de la production d’énergie, peut entrevoir un aboutissement à sa vente à des groupes étrangers. Cette vente est plutôt une bonne nouvelle, à double mesure.

Les bons côtés dans le démembrement d’Alstom

D’une part, si cette vente se conclut, Alstom sera assuré d’être accompagné par des actionnaires dont l‘ambition concernant le développement à l’échelle mondiale est bel est bien présente. Les industries General Electrics et le groupe Siemens ont des structures de capitaux solides et sont dotés d’une certaine culture de l’entreprise. En effet, le premier a plus de 120 années d’existence de participation à des projets en France atteignant 10 000 personnes, tandis que le second existe depuis plus de 165 ans et compte 7 000 employés en France. Pour ces deux grandes sociétés, l’horizon d’actions à l’échelle mondiale est au rendez-vous, l’horizon et le volet gestion des ressources humaines connaissent de très belles performances. Ces quatre points positifs ne se trouveraient pas simultanément chez n’importe quelle firme.

La classe politique française, que ce soit dans le parti socialiste ou dans le parti communiste ne pourrait pas non plus trouver mieux, notamment à l’heure où l’on se demande si elle ne mettrait pas des bâtons dans les roues du secteur industriel français. En tant qu’actionnaire, garant des législations ou régulateur, elle semble entraîner les industries dans le déclin et l’externalisation généralisée. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la vente des appartements d’Alstom est un point positif. Cette vente étant inévitable, elle permet à la fois de prendre conscience du fait que le modèle industriel est devenu obsolète, celui-ci se caractérisant par une intervention mal organisée des pouvoirs publics. Avec cette vente, on pourrait entrevoir un bel avenir pour les industries françaises, du moment qu’il soit européen.

Si l’on veut que les groupes industriels français aient un avenir des plus prometteurs, il faudrait leur donner les possibilités de s’élargir à l’échelle mondiale, de s’étendre sur d’autres marchés, de lutter équitablement avec la concurrence mondiale, de faire en sorte que les capitaux étrangers et le savoir-faire d’autres pays viennent à eux. Il serait donc tant que la politique économique de la France cesse de faire fuir ces talents étrangers.

De façon plus concrète, les sociétés en France devraient s’éloigner le plus rapidement possible de tout obstacle à des investissements en capitaux et en ressources humaines. Afin que CAC 40 et tout le secteur industriel français ne suive pas le même chemin que Lafarge (décisions décentralisées) ou Alstom (découpe et vente aux enchères), tout ce qui empêche de prospérer doit être radié. La manière dont le code de travail français est rédigé est en partie en cause dans le chômage abondant, notamment des jeunes, en France. La décentralisation des actionnaires et de la direction d’entreprises en France est notamment due aux taux des taxes sur le revenu et le patrimoine. La problématique de la décentralisation des décisions vient de la volonté de s’associer pour une cause commune. D’un côté, il y a la manière de prélever les taxes et de dépenser les deniers publics. D’un autre côté, il y a le pouvoir de co-gérer que l’on attribue aux syndicats qui font qu’ils se représentent eux-mêmes. Et il y a aussi le fait d’ensevelir tous les obstacles, de permettre à l’économie en France d’armer les industries de capitaux longs et importants et de faire que les retraites soient meilleures. En d’autres termes, remédier au grand manque de fonds de pension à l’image française.

Ainsi, la vente d’Alstom est un point positif dans la mesure où elle accélère la prise de conscience et fait approuver par le plus grand nombre, peut-être même par le gouvernement, les réformes que l’on a longtemps attendus.

Pour la question de l’obligation d’Alstom de devenir filiale de General Electrics ou bien partenaire de Siemens, il n’est pas encore temps de se prononcer. Néanmoins, il faut rappeler qu’à l’heure actuelle, la résidence veut créer des Airbus en Europe pour les transports et le secteur de l’énergie. Il est bel et bien question d’Airbus et non pas de Boeing. Concernent cette décision primordiale sur l’avenir de l’industrie de l’Union Européenne pour des secteurs clé et à la veille des élections en Europe, le point de vue du candidat à ces dites élections, M.Barroso, serait le bienvenu. On a aussi espoir que M. Junker, M.Schultz et M.Verhofstadt feront mieux que Michel Barnier, commissaire au marché intérieur.