Travail en hauteur : normes, réglementations, et équipements de protection

Travail en hauteur : normes
(Mis à jour le: 8 novembre 2019)

Qu’est-ce que le travail en hauteur ?

Celui-ci commence dès que les pieds quittent le sol. Première cause de nombreux accidents graves, voire mortels, cette activité est soumise à de nombreuses normes et décrets. En effet, chaque organe d’un système antichute répond à une/des norme(s) bien précises, que ce soit les harnais (EN 361), les poulies (CE), les mousquetons (EN 362), (CE), longes de sécurité (EN 354/358/355), tripodes de levage ou trépieds de sécurité (EN 1496/B), points d’ancrages (EN795 A/B) etc…

En bref, c’est à s’y perdre. Heureusement, certains fabricants ou distributeurs ont créé des kits EPI (équipement de protection individuel) dédiés aux activités et utilisations les plus courantes, on retrouve ainsi des kits harnais ou anti-chutes de charge, des kits de sauvetage, kits échafaudages, industrie, maintenance… Ces kits antichute ont le mérite de dégrossir les choses en listant le matériel nécessaire à une activité avec tous les organes normés nécessaires.

Bien-sûr, cela ne dédouane pas les utilisateurs de ces matériels, de suivre les formations appropriées. Il est obligatoire, dans multiplicateurs le milieu professionnel, d’avoir suivi la formation adéquate pour un travail en hauteur adapté à son activité. Attention à la sélection de l’organisme de formation, qui doit également être certifié pour promulguer des formations de travail en hauteur. Veillez à ce que la formation comporte une partie pratique et pas seulement un module théorique : le travail en hauteur ne s’apprend pas dans un bureau !

EN SAVOIR PLUS SUR LES NORMES:

travail en hauteur

Quels sont les risques liés au travail en hauteur ?

L’employeur est tenu, c’est une obligation, de s’assurer que le personnel est formé et informé quant aux risques du travail en hauteur. En effet, c’est à l’employeur d’évaluer les risques potentiels en fonction des activités de ses employés : définir le/les facteur(s) de chute, tirant(s) d’air, espaces de travail… Ces éléments sont indispensables à la sélection des formations et matériels nécessaires à la mise en sécurité des employés. On n’équipera pas un couvreur de la même manière qu’un travailleur sur pylône ou qu’un travailleur en espace confiné.

Une mauvaise analyse des risques peut provoquer des accidents. Un tirant d’air mal calculé peut causer un impact au sol, alors que l’employé se sent en sécurité et est équipé de tous les EPI nécessaires. Par exemple, une longe antichute de 2m (longueur maximale autorisée) amène un tirant d’air nécessaire de 6.10 m, calculé avec la longueur de la longe, le déchirement de l’absorbeur d’énergie, la distance entre le point d’ancrage du harnais et les pieds de l’utilisateur, ainsi qu’une distance minimale de 1 m entre les pieds et le sol. Il en est de même pour le facteur de chute qui, si le matériel sélectionné n’est pas adapté, peut provoquer des ruptures de câble antichute, des effets de balancier, multiplier le tirant d’air etc…

Equipements de protection collective : le matériel indispensable pour le travail en hauteur

Une fois les EPI nécessaires sélectionnés, il peut être nécessaire d’également de mettre en place des EPC (équipement de protection collective), comme des filets de protection antichute d’hommes et/ou d’objets, des trépieds et potence de sécurité, garde-corps, barrières etc…

 

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Equipements de protection collective

Ces EPC peuvent être dédiés à la protection des travailleurs en hauteur et/ou des personnels évoluant dans une zone proche de la zone à risque. On peut citer, par exemple un filet antichute horizontal doublé d’un filet par chute de gravats, qui protégera les employés travaillant en hauteur d’une chute éventuelle et les personnels évoluant en dessous de la zone de travail.

Accidents de travail : les chutes durant les travaux en hauteur se multiplient

anti chute

Les EPC, comme leur nom l’indique, ne sont pas attribués à une personne, mais à une équipe, voire plusieurs. Il est alors important pour l’employeur d’effectuer des vérifications visuelles de la bonne tenue des matériels, en dehors des vérifications obligatoires annuelles par un organisme de contrôle certifié. Cela change des EPI, qui une fois attribués à un employé, sont sous la responsabilité de celui-ci.

Que nous parlions d’EPC, ou d’EPI, lorsqu’il s’agit de matériel de classe 3, mortelle, il est obligatoire pour l’employeur de faire vérifier ses EPI/EPC une fois par an, par un organisme certifié. Le non-respect de cette règle, en cas d’incident, implique la responsabilité de l’employeur. (Article L4121-1 du code du travail et Arrêté du 5 mars 1993 soumettant certains équipements de travail à l’obligation de faire l’objet des vérifications générales périodiques (VGP) prévues à l’article R. 233-11 du code du travail).

En conclusion, quelle que soit la situation dans laquelle vos pieds quittent le sol, celle-ci n’est pas à prendre à la légère. Il faudrait, à chaque fois, prendre le recul et le temps nécessaire à l’élaboration d’un plan d’action évitant tous les dangers potentiels. Ceux-ci sont partout et se cachent parfois dans les actions quotidiennes qui paraissent les plus bénignes. Il ne s’agit pas d’être alarmiste, mais dans le travail en hauteur, on dit souvent que l’on ne tombe qu’une fois.