SST : que nous apprend le rapport annuel de l’Assurance Maladie ?

SST : le rapport annuel de l'Assurance Maladie
(Last Updated On: 20 octobre 2017)

Ces dernières années, le nombre d’accidents de travail est resté stable, même si deux secteurs font encore figures de mauvais élèves dans le renforcement des mesures de prévention. Le « rapport annuel de l’Assurance maladie – Risques professionnels » fait état des évolutions enregistrées pour l’année 2016 et souligne les domaines où des efforts doivent encore être fournis.

Les accidents de travail à un plus bas historique

Concernant les accidents de travail en 2016, une baisse de 0,3 % a été enregistrée, selon le rapport de l’Assurance maladie. Un pourcentage qui équivaut à 33,8 accidents pour 1 000 salariés soit 626 227 accidents en tout. Même si le chiffre est encore loin de zéro, c’est le plus bas chiffre enregistré depuis 1946, durant laquelle on comptait 120 accidents pour 1 000 salariés.

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Les efforts maintenus dans le BTP

Considéré comme un secteur à haut risque, le secteur du BTP a fait de gros efforts ces dernières années afin de réduire le nombre d’accidents de travail. Pour l’année 2016, c’est une baisse de 3,1 % qui a été enregistrée. Et si on tient compte d’une échelle plus large, ce nombre a chuté de 29 % en 10 ans. Toutes les actions menées par l’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics) ont donc fini par payer.

Le secteur le plus à risque : la manutention

La manutention et la logistique se retrouvent en première place en matière de sinistralité. La cause : les travailleurs font face à des charges lourdes, souvent en hauteur et utilisent des outils de manutention, cela engendre des gestes répétitifs, tractions, alternance de positions debout et accroupies, manipulation de charges lourdes…

Ces efforts finissent, inévitablement par engendrer des accidents plus ou moins graves. Pour la plupart, il s’agit de troubles musculo-squelettiques (TMS) qui se traduisent surtout par des problèmes dorso-lombaires.

Ce ne sont pas les seules conséquences néfastes, on peut également citer les chutes de plain-pied qui représentent 25 % des chiffres enregistrés. Les accidents relatifs à la manipulation d’outillage à main atteignent les 9 %. Le plus important reste cependant l’accident de la route sur le trajet du travail avec 88 903 accidents enregistrés en 2016.

Intérim et Aides et soins à la personne : les mauvais élèves.

Le secteur de l’Intérim et celui des aides et soins à la personne ont du mal à rattraper leur retard. En effet, le nombre d’accidents est encore très élevé dans ces deux secteurs et ne fait même qu’augmenter.

– Intérim :

Pour l’année 2016, une hausse de 7,8 % d’accidents de travail a été enregistrée dans l’Intérim. L’assurance maladie reste toutefois prudente, cette augmentation ne signifie pas forcément une dégradation des conditions de travail, elle peut aussi être le signe d’une reprise économique.

– Aides et soins à la personne :

Pour le secteur des aides et des soins à la personne, une hausse de 2 % a été enregistrée en 2016 soit 94,6 accidents de travail pour 1 000 salariés. Cela signifie que de nos jours, la pénibilité physique dans ce domaine tend à dépasser celle du BTP. Cela s’explique notamment par l’augmentation des activités à risques comme les brûlures thermiques ou chimiques pendant le service d’aide à domicile.

On répertorie également des chutes ou des lumbagos engendrés lorsque le travailleur :

– aide le patient à se lever,

– aide à son transfert d’un lieu à un autre …

– manipule des charges lourdes

Ces deux secteurs doivent prêter attention à ces mauvais chiffres, ces sinistres ayant en effet un coût important. Le rapport global de l’Assurance maladie – Risques professionnels estime à environ 41, 3 millions le nombre de journées de travail perdues sur une année à cause des arrêts de travail.

 

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