SST : la sensibilisation des salariés est indispensable pour réduire les risques

SST : la sensibilisation des salariés est primordiale
(Mis à jour le: 1 juin 2017)

Afin de renforcer la sécurité et la santé des travailleurs, le plan de santé au travail 2016-2020 fait de la prévention et de la sensibilisation des salariés une priorité. Pour ce faire, il faut commencer par étudier le document unique pour connaître les risques à maîtriser. Ce n’est toutefois pas la seule méthode puisque d’autres options s’offrent aux professionnels.

Le document unique : une base désormais acquise

La mise en place de ce document unique (DU) auprès des professionnels était un premier challenge pour les autorités compétentes. Toutefois, il semble qu’ils en ont pris l’habitude même si on enregistre encore quelques marginaux.

Pour avoir des résultats nets, l’Iris-ST (Institut de recherche et d’innovation en santé et sécurité au travail) a mené une enquête intitulée « Réalisation et utilisation du document unique dans les entreprises artisanales du BTP ». Cette étude lui a permis de découvrir que désormais, huit entreprises sur dix établissent ce document.

Près de 885 entreprises ont accepté de participer à cette enquête menée conjointement avec la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), l’OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics) et la Cnatp (Chambre nationale de l’artisanat des travaux publics et du paysage).

Soulignons que c’est grâce à ce DU que l’entreprise peut évaluer les risques auxquels ses salariés sont exposés.

Il convient de préciser que ce document n’est pas un outil de communication, mais plutôt un support de communication et pour cause : une fois les risques évalués, il devient plus facile de déterminer les bons outils pour y remédier.

Le problème, c’est qu’on ne le voit que très rarement sous cet angle et c’est la raison pour laquelle, certains recommandent de se baser sur le règlement interne pour rappeler aux salariés qu’ils ont des mesures de sécurité à respecter. Là encore, on se heurte à un problème puisque toutes les entreprises n’ont pas de règlement interne surtout lorsque son effectif est inférieur à 20 personnes.

Après le document unique, la sensibilisation

Lorsque tous les risques sont évalués, l’étape suivante consiste à sensibiliser les salariés ce qui n’est pas facile. En effet, selon les chefs d’entreprises et les responsables SST, les travailleurs ne s’impliquent pas assez dans cette démarche et pourtant, il y va de leur propre sécurité.

C’est pour changer cette attitude négative que le plan santé au travail 2016-2020 a choisi la sensibilisation comme une de ses priorités. Et à nous de rappeler que ledit plan s’articule autour de deux axes principaux à savoir :

  • La qualité de vie au travail
  • Le dialogue social

SST : sensibiliser les salariés est essentiel

En ce qui concerne la prévention, les mesures à prendre devront s’intéresser aux chutes, aux produits chimiques, au risque routier et aux risques psycho-sociaux.

Abisco propose une large palette d’équipements de protection industrielle pour tous types de métiers.

Une stratégie sur-mesure

Pour que les mesures adoptées soient performantes, il est essentiel que la stratégie adoptée soit établie en fonction de la taille de l’entreprise.

Les grandes enseignes ont d’ailleurs compris et appliqué ce principe puisqu’elles disposent aujourd’hui des démarches les plus performantes. Les nouveaux salariés recrutés témoignent d’ailleurs de cette sensibilisation puisque dès l’embauche, ils sont informés de la sécurité au niveau du poste proposé et de la sécurité générale que propose l’entreprise.

Une fois recruté, les formations continuent et ce, tout au long de leur carrière au sein de la boîte. Pour ce faire, les employeurs font appel à des outils de communication et de sensibilisation. Parmi eux, on peut citer le journal interne, l’affichage, le flash info qui passe sur les écrans disposés dans les salles de repos, le quart d’heure sécurité au sein de chaque équipe, …

Le comité hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) participe de très près à ces sensibilisations. Les Caisses d’assurance retraite et de santé au travail (Carsat) s’activent, quant à elles, à proposer des formations en interne et en externe.

Les épouses d’artisans comme actrices de sensibilisation

Puisque le but est avant tout de réduire les risques et les pertes humaines et financières, chaque entreprise se doit de trouver les meilleures manières pour l’atteindre.

Au sein des entreprises de moins de 50 salariés, il est courant que le chef d’entreprise se charge lui-même de la sensibilisation et présente à ses employés les moyens de prévention à connaître. Il doit toutefois investir de son propre temps et programmer des formations en internes.

Certaines boîtes, quant à elles, choisissent d’impliquer directement les salariés à l’amélioration de leur situation de travail ce qui inclut la sensibilisation et la prévention.

Pour ce qui est des petites entreprises artisanales, la méthode la plus utilisée est de faire appel aux épouses des salariés lesquelles seront dirigées par les femmes des chefs d’entreprises. C’est une stratégie assez originale, mais qui porte toutefois des fruits puisqu’étant inquiètes de la sécurité et de la santé de leurs époux, elles sont plus aptes à les convaincre de respecter les mesures de sécurité en vigueur.

Pour ceux qui veulent en savoir davantage, l’Iris-ST rappelle que l’Union des Arfab (organisme de formation pour les artisans du bâtiment) organise, de manière régulière, une formation qui s’y réfère : Conjoint averti, prévention réussie. Cette formation permet aux chefs d’entreprise de désigner les meilleures personnes capables de mettre en place des actions de prévention des risques professionnels et de protection contre ces risques.

Des supports imagés pour mieux sensibiliser

SST : la sensibilisation des salariés est essentielle

Toujours dans le cadre de la prévention, l’utilisation de supports imagés est fortement recommandée. Les organismes de prévention comme l’Iris-ST, l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents de travail et des maladies professionnelles), l’OPPBTP ou le SEST (Service aux entreprises pour la santé au travail) utilisent déjà cette technique.

Le SEST, par exemple, dans ses dépliants de prévention choisit volontairement un style ludique comme celui des bandes dessinées pour faire comprendre le message, surtout auprès des jeunes travailleurs jugés difficiles à sensibiliser par les responsables SST.

En effet, selon eux, les salariés appartenant à la génération Z, qui sont nés à la fin des années 90, ne sont pas assez à l’écoute des préventions recommandées. C’est d’ailleurs pourquoi, le SEST a aussi décidé d’éditer des Serious Game et des modules de e-learning pour leur proposer des supports répondant à leurs centres d’intérêt. Sûr de l’efficacité de ces outils, l’organisme y a affecté un groupe de travail.

En ce qui concerne la génération Y, on distingue deux groupes à savoir :

  • Les salariés très axés sur les outils numériques et technologiques
  • Les salariés assez posés et précautionneux

Les supports à concevoir devront attirer leur attention et susciter leur intérêt. Il faudra par exemple les inviter à participer aux actions de prévention ou encore à des ateliers interactifs pour qu’ils se sentent utiles et impliqués.

Le style participatif et ludique est très important parce que c’est le meilleur moyen pour savoir s’ils ont assimilé les formations de prévention et de protection organisées. On pourra par exemple organiser un quizz pour s’assurer que tout le monde a compris les choses comme il faut.

Des outils pour les risques d’addiction

Sur les lieux de travail, certains employés prennent l’habitude de consommer de la drogue ou de l’alcool. Pour éviter que cela devienne une addiction, des outils doivent être mis en place. En premier lieu, on parle d’outils pour l’évaluation des risques puisque le premier défi à relever dans ce domaine c’est de déterminer qui sont ces salariés. Il faudra ensuite planifier des sensibilisations et des mesures préventives parce que les addictions sont responsables de 15 à 20 % des accidents de travail, le plus souvent mortels.

Parmi les outils proposés, on peut citer un questionnaire à trois volets d’évaluation :

  • L’accès aux produits addictifs
  • L’aptitude de l’entreprise à y mettre le holà

Les dispositifs et formations déjà adoptés pour y remédier