Seirich : un nouveau logiciel pour prévenir le risque chimique

(Last Updated On: 2 décembre 2015)

Pour renforcer la prévention du risque chimique, l’INRS (Institut national de recherche et sécurité) a lancé un nouveau logiciel baptisé Seirich. Ce dernier propose plusieurs fonctionnalités que les dirigeants d’entreprises et les spécialistes peuvent utiliser.

Un outil gratuit

Seirich (système d’évaluation et d’information sur les risques chimiques en milieu professionnel) est un outil gratuit à télécharger sur Internet. Il est destiné aux chefs d’entreprise, aux médecins, aux services de santé au travail, aux responsables QHSE, aux chimistes, aux spécialistes des risques chimiques et aux toxicologues. En l’utilisant, ils auront accès à des informations plus approfondies sur les produits chimiques et pourront ainsi les détecter facilement, notamment les plus dangereux. Sur le long terme, Seirich pourra remplacer quelques outils déjà opérationnels.

 

Un logiciel signé INRS

Le logiciel a été développé par l’INRS en partenariat avec :

  • la DGT (Direction générale du travail)
  • les fédérations professionnelles
  • les organismes publics de santé
  • la CNAMTS
  • l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail
  • le Conseil national des professionnels de l’automobile
  • l’Union des industries de la métallurgie
  • le Syndicat national des Industries des Peintures, Enduits et Vernis
  • l’Union des industries chimiques

Ayant tous à cœur de réduire les risques chimiques, ces différentes institutions ont participé activement au développement de Seirich, une étape qui leur a pris trois ans. La réalisation du logiciel a ensuite été confiée à Atos Origin, une société de services en informatique.

 

Un outil pour le renforcement des outils déjà en place

En tant qu’outil d’évaluation du risque chimique, Seirich offre une certaine continuité aux actions déjà mises en place par l’INRS. On peut notamment citer la méthodologie d’évaluation simplifiée des risques pour la santé, la sécurité et l’environnement qui est entrée en vigueur en 2005. Cette méthodologie a servi de support à de nombreux logiciels, mais selon l’INRS, ces derniers ne correspondent pas vraiment à leurs attentes. De plus, l’Institut a remarqué de nombreuses lacunes en matière de connaissance des risques chimiques de la part des employeurs.

 

Les risques chimiques encore méconnus

Pour savoir à quel point les entreprises sont conscientes des risques chimiques, l’INRS a lancé en 2012 le sondage IFOP. L’enquête a été menée auprès de 600 PME et TPE et elle a permis de déterminer que la majorité de ces entreprises ignorent encore le lien entre les produits qu’elles utilisent quotidiennement et le risque chimique.

Parmi elles, on cite par exemple quelques enseignes qui manipulent, au quotidien, des agents CMR (cancérogènes, mutagènes et repro-toxiques) et qui ignorent que ces substances exposent les employés à des cancers seulement par inhalation, ingestion et pénétration cutanée.

En utilisant le logiciel Seirich, elles pourront alors mieux s’informer pour mieux prévenir.

 

Une démarche à quatre étapes

Pour utiliser l’outil, il faut suivre quatre étapes à savoir :

  • l’inventaire par le biais d’un outil d’analyse d’images : l’employeur devra photographier l’étiquette du produit afin que le logiciel prenne connaissance des mentions de danger
  • l’analyse de l’utilisation des produits chimiques
  • l’évaluation des risques
  • le plan d’action

Pour optimiser l’efficacité de l’outil, son utilisateur peut y insérer des fiches de sécurité. Aussi, afin de déterminer l’efficacité du logiciel, les utilisateurs sont invités à faire une simulation avec des produits de substitution aux produits toxiques. Ils pourront ainsi comparer les impacts des deux produits.

 

Trois niveaux d’expertise

Puisque Seirich est destiné à un public assez large, il propose trois niveaux d’expertise selon le statut de l’utilisateur. Pour savoir à quel niveau on appartient, il faut répondre à un quizz accessible sur Seirich.com.

 

Une aide au repérage

Ce site met également à la disposition des usagers une aide au repérage de produits et substances dangereuses en fonction de chaque activité. Pour l’utiliser, il suffit d’indiquer au logiciel son activité et il affichera ensuite une liste des agents dangereux que l’on utilise au quotidien pour travailler.

Si par exemple l’utilisateur entre la donnée « béton prêt à l’emploi », l’aide au repérage affichera que son utilisation présente des risques relatifs à la présence de poussières inhalables et alvéolaires dans ce produit.

 

Le succès au rendez-vous

Seirich a été lancé au mois de juin dernier et déjà, il compte plus de 14 000 téléchargements. Il faut savoir qu’une fois installé sur l’ordinateur, le logiciel fonctionne en mode local pour renforcer la confidentialité des données des entreprises. Nicolas Bertrand, ingénieur chimiste de l’INRS a toutefois tenu à annoncer que sous peu, la version 1.1 de l’outil sera disponible. Il permettra aux utilisateurs au sein d’une même entreprise de fusionner leurs inventaires et ainsi constituer un fichier unique à stocker sur un serveur multi-poste. Lorsque cette nouvelle version sera sur pied, des journées de sensibilisation seront organisées par l’INRS et ses partenaires pour la présenter. Soulignons que Seirich remplacera petit à petit les logiciels Colibrisk et Clarice.

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