Se prémunir des vols sur chantiers

se premunir des vols sur les chantiers
(Last Updated On: 12 décembre 2014)
Se prémunir des vols sur chantiers
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Les vols sur les chantiers de construction ne sont pas rares malgré les mesures de sécurisation. En plein centre-ville à Périgueux, le 9 mai dernier, des plaques de plâtre ont été volées. Deux jours avant cela, dans les Yvelines, des gouttières en zinc et des tuyaux de plomb avaient été dérobés dans la nuit. Partout en France, les chantiers n’échappent pas aux vidanges de carburant, aux vols d’outils ou de matériaux et même aux disparitions d’engins. Devant cette situation, les entreprises du BTP font tout ce qu’elles peuvent pour sécuriser leur chantier.


Des statistiques alarmantes

En 2007, une enquête a été réalisée auprès des membres de la FFB, révélant ainsi que 50% des entreprises subissent au moins un vol d’une certaine gravité (d’une valeur de plus de 10000 euros) l’année passée. Les voleurs privilégient souvent les matériaux, les outillages et les matières métalliques, et bien sûr le carburant.
Dans la moitié des cas, les vols ont été opérés avec effraction ou même avec violence et séquestration. En 2007, le chiffrage des vols a atteint le milliard d’euros.

Diverses catégories de sinistres

D’après la SMABTP, les différents types de sinistres peuvent être regroupés en plusieurs catégories : les vols de matériaux, le vandalisme, le squat et l’incendie criminel. Dans le premier cas, on distingue le vol des matériaux avant et après l’incorporation aux ouvrages. La première catégorie de vols de matériaux est la plus courante et ne cesse de s’accroître. Il s’agit souvent des métaux, des appareils sanitaires ou des stocks sur chantier. Quant aux vols après incorporation à l’ouvrage, les chiffres ne sont pas moindres et concernent surtout les matériaux de second-oeuvre, comme les radiateurs, les garde-corps ou encore les chaudières. Ces vols, avec effractions, entraînent des coûts exorbitants. Pour le vandalisme, on constate une recrudescence, allant des destructions de biens opérées volontairement aux tags. Par ailleurs, les squats d’immeubles en construction ou rénovation ne sont pas moins nombreux, se produisant surtout avant la réception des bâtiments dans les zones dites « sensibles ». En revanche, les incendies criminels sont plus rares, mais le montant du sinistre qui y est lié n’en est pas moins négligeable.

La situation se dégrade de manière inquiétante

Avec la crise économique et la flambée des prix des matériaux de construction, les vols sur chantiers ne cessent de croître. Désormais, aucun type de matériaux n’échappe aux risques : il peut s’agir de plaques de plâtre comme de grues. Des bandes organisées sont spécialisées dans le vol d’engins et de métaux et attaquent tout type de chantier. Il ne s’agit plus de simples vols, mais également de menaces parfois physiques.
L’année dernière, le sénateur de droite, Philippe Dallier, a tiré la sonnette d’alarme pour se faire entendre par le Ministre de l’intérieur de l’époque, Manuel Valls, concernant la sécurité des entreprises du BTP et des chantiers en Seine-Saint-Denis. Dans cette partie de la région parisienne, de même que dans toute autre zone « sensible », certaines bandes de délinquants perçoivent les chantiers comme des sources de profit. Ainsi, ils n’éprouvent aucune hésitation à voler, à agresser ou même à mettre le feu.

Réduire les risques de vols sur chantier

Il faut intervenir en amont pour prévenir les risques de vols, en instaurant des mesures préventives et protectrices. Ces mesures d’anticipation doivent être prévues dans les coûts d’exploitation. En coopération avec la direction de la gendarmerie nationale et la direction de la police nationale, la FFB a établi un outil pour évaluer les risques qui prend la forme d’une check-list.
Grâce à cet outil, les menaces seront détectées et on pourra en prévenir les conséquences pour instaurer les mesures de protection qui s’imposent. En premier lieu, il s’agit de déterminer les risques, tant au niveau de l’environnement humain que physique du site. Ensuite, il faut relever les facteurs inhérents à la nature de la construction et au marché, ainsi qu’au chantier proprement dit. Enfin, il faut déterminer les effets éventuels induits par ces menaces pour l’entreprise.

Quels dispositifs préventifs ?

Avant l’instauration des mesures de protection, il existe des mesures préventives. Les associations du BTP et la sécurité publique ont établi des préconisations pour réduire les tentations. À la base, ces mesures consistent à nommer quelqu’un qui se chargera de la sécurité sur le chantier. La zone de chantier doit être clairement délimitée et protégée par des clôtures et une barrière. Les affichages visant à la dissuasion sont aussi des éléments efficaces contre les vols et vandalismes. Les voies d’accès doivent être rigoureusement surveillées et les matériels ou outils doivent être rangés dans des endroits sécurisés, à l’abri de la vue du public. Les approvisionnements doivent être organisés de manière à éviter que les stocks ne soient trop abondants, au risque d’attirer les voleurs. Pour le magasinage, les zones de stockage doivent être installées de manière stratégique et les emplacements des engins loin des zones accessibles depuis les voies publiques ou privées. C’est pourquoi l’utilisation de conteneurs est de plus en plus courante sur les chantiers. A chaque fin de chantier, à la fin de la journée, il faut prendre l’habitude de ranger, car le désordre favorise les tentatives de vols. Lorsque personne ne travaille sur les chantiers, il est plus prudent de ranger et sécuriser les matériels qui ont une certaine valeur.