Santé au travail : quatre scénarios dans la prospective nano 2030

pénibilité, fiche d'exposition
(Mis à jour le: 19 mars 2019)
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La santé au travail est l’une des thématiques faisant l’objet d’études de la part de l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS). A travers la prospective nano 2030 baptisée « développement des nanomatériaux manufacturés à l’horizon 2030 – conséquences en santé et sécurité au travail dans les petites entreprises en France », le groupe de scientifiques de l’institut ainsi que des collaborateurs ont établi des scénarios concernant la manière dont les nanomatériaux peuvent se développer en France. Ce n’est que par la suite que les éventuelles conséquences en matière de prévention des risques professionnels seront déduites.

De nos jours, un fort enjeu économique est associé aux nanomatériaux. L’étendue des applications ayant recours aux nanomatériaux est telle que les conséquences sur l’économie ne peuvent être négligées : bétons autonettoyants, vectorisation des médicaments, vêtement antibactériens…

L’exposition des employés aux nanomatériaux va varier sensiblement suivant la manière dont les activités concernées par les nanomatériaux se développent. De ce fait, les mesures préventives seront elles aussi différentes les unes des autres.

C’est dans ce cadre que l’INRS et ses collaborateurs ont tenté d’aider les pouvoirs politiques à mieux cerner la problématique en présentant les résultats de l’exercice de prospectives nano 2030 sur le thème « développement des nanomatériaux manufacturés à l’horizon 2030 – conséquences en santé et sécurité au travail dans les petites entreprises en France ». Quatre scénarios émergent de cette prospective et vont permettre d’avoir une meilleure vision sur l’avenir des nanomatériaux et des risques y afférents. Il s’agit là d’une véritable approche « santé au travail », une première à ce sujet, car auparavant, les exercices portaient plutôt sur la dimension technologique des nanomatériaux.

Les divers scénarios et les conséquences inhérentes à la santé au travail

Le premier scénario concerne le degré d’engagement des autorités publiques et du secteur privé. Dans ce cas de figure, les acteurs s’investissent et cet investissement se paie. Les moyens techniques et financiers pour innover sont à portée de main et les risques peuvent être anticipés. Les produits sont bien classifiés, de façon à faciliter l’instauration des mesures préventives adaptées à chaque situation.

Dans le second scénario, la société rejette la technologie des nanomatériaux et celle-ci ne se développe que dans un certain nombre de domaines. Si le principe reste opaque, les moyens de prévention des risques au travail mis en place par les pouvoirs publics sont mal accueillis par le secteur privé. Pour les entreprises, le fait que l’Etat intervienne en instaurant un principe de prévention généralisée peut avoir un poids non négligeable.

Le troisième scénario considère que la technologie des nanomatériaux se développe dans des domaines porteurs. La règle sera alors basée sur un contrat entre le salarié et l’entreprise. Celle-ci adopte les mesures adéquates, mais il ne s’agirait dans ce cas que de mesures visant plutôt à la réparation et non dans le cadre de la prévention en amont.

Enfin, dans le dernier scénario, il y a un développement suivant les compétences locales. Les pouvoirs régionaux pilotent les mesures de précaution définies à l’échelle européenne.