Santé au travail : des risques psychosociaux plus élevés chez les Français

Sante au travail les risques psychosociaux plus eleves chez les francais
(Mis à jour le: 3 juin 2019)
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D’après la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) rattachée au Ministère du travail, les salariés français sont plus exposés que les employés dans le reste de l’Europe aux risques psychosociaux.

La DARES a publié les résultats d’une étude sur les conditions de travail en France et les conséquences de celles-ci sur les salariés français. Ils sont les plus exposés à des risques psychosociaux et le sentiment de pression dans le cadre du travail est plus important. Pour 39% des employés en France, l’interruption des tâches en cours pour en effectuer d’autres est très courante. D’autre part, les salariés avouent aussi que les délais sont de plus en plus restreints et stricts, plus d’un français sur dix déclarant ne plus avoir assez de temps pour effectuer son travail.

En France, l’intensité de travail est la même qu’ailleurs

Le fait de réduire le temps de travail le rend plus intense, bien que pour certains, cela a permis d’améliorer le quotidien. Les résultats de l’enquête européenne des conditions de travail (EECT) effectuée en 2010 établissent qu’en matière d’intensité de travail, les français sont dans la moyenne européenne. En effet, les normes de qualité sont moins nombreuses, il n’y a pas plus d’auto-évaluation à faire pour la qualité de travail, mais en revanche, les objectifs et le niveau de performance fixés sont plus importants (1,5 fois plus élevé que pour la moyenne européenne). Mais ces exigences sont davantage rattachées aux exigences des clients ou des supérieurs hiérarchiques et les contraintes sont alors conjuguées. Le travail est réalisé dans un cadre où l’emploi du temps est moins chargé mais avec plus de morcellement des tâches et beaucoup d’instabilité.

Discriminations

Par rapport aux autres pays de toute l’Europe, les rapports sociaux dans l’environnement de travail, notamment du point de vue hiérarchique semblent moins bons qu’en Métropole. L’étude a permis d’établir qu’un salarié sur cinq déclare n’avoir bénéficié du soutien de son supérieur hiérarchique que très rarement. Or, en Irlande ce pourcentage n’est que de 6%. Par ailleurs, 3% des employés dénoncent des formes de discriminations au travail, ce pourcentage étant plus important qu’en Roumanie, en Italie ou en Lituanie. Et ce n’est pourtant pas le plus grave : en France, presque 10% des salariés considèrent ne pas être respectés en tant qu’humain de la part de leur supérieur. Pourtant, dans d’autres pays, seuls 4,4% déclarent rencontrer ce genre de situation.

La DARES a relevé d’autres difficultés, comme celle de ne pas pouvoir bien concilier vie privée et vie professionnelle. Plus de 20% des employés estiment avoir des horaires de travail incompatibles avec la vie de famille, ce qui n’est pas le cas pour les salariés aux Pays-Bas, au Danemark ou encore en Grande-Bretagne, où le pourcentage ne dépasse pas les 13%. A cela s’ajoutent, pour certains Français, le sentiment d’insécurité au travail e la faiblesse du revenu. 50% des employés en France déclarent ne pas être en mesure d’effectuer le même travail qu’actuellement à 60 ans.