Risques professionnels : les travailleurs attendent la contrainte pour se former

risque amiante et electrique
(Mis à jour le: 8 novembre 2019)

En 2012, l’Observatoire des formations à la prévention des entreprises artisanales du BTP a noté de gros efforts en matière de formation à la prévention, toutefois, ces efforts ne touchent malheureusement que quelques risques professionnels.

Les initiateurs de l’observatoire

L’étude en question à savoir l’Observatoire des formations à la prévention a été réalisée par différents organismes :

– la Capeb ou Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment

– la CNATP ou Chambre nationale de l’artisanat, des travaux publics et paysagistes

– l’IRIS-ST ou Institut de recherche et d’innovation sur la santé et la sécurité au travail

– l’OPPBTP ou Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics

Les résultats de l’Observatoire

Selon l’Observatoire, les entreprises artisanales du BTP ont fait de gros efforts ont matière de formations à la prévention durant l’année 2012. En comparaison avec l’année 2011, l’étude a pu déterminer que :

– 22 % des stagiaires recevaient une formation à la prévention

– le nombre de formations à l’amiante a doublé pour atteindre un taux de 101 %

– le taux de formation à la prévention électrique a augmenté de 44 %

Selon les auteurs de l’étude, cette augmentation aurait été entraînée par le renforcement de la réglementation en matière de formation en ce qui concerne l’amiante et l’électricité. C’est la raison pour laquelle, seuls ces deux risques ont été réduits alors qu’il y a d’autres risques jugés prioritaires pour lesquels aucune (ou trop peu) formation à la prévention n’a été mise en place.

risque amiante et electrique

Les risques contre lesquels il faut lutter en urgence

Même si l’amiante et l’électricité sont des risques importants dans les entreprises artisanales du BTP, les acteurs de l’étude trouvent que les formations à la prévention devraient plutôt s’orienter sur les manutentions manuelles. En effet, selon eux, les manutentions manuelles représentent la première source d’accidents de travail et de maladies professionnelles.

L’étude a pourtant démontré qu’en ce qui concerne, par exemple, les formations aux TMS (troubles musculo-squelettiques), le taux de formation à la prévention s’élève seulement à 1 %.

Les artisans se forment sous la contrainte

Autre fait démontré par l’Observatoire : les artisans du BTP n’ont tendance à suivre des formations à la prévention que lorsqu’on les y oblige. Cette négligence pourrait pourtant leur coûter la vie d’où l’urgence de renforcer les formations et ce, dans tous les risques auxquels ils sont exposés.

Les solutions proposées par les acteurs de l’observatoire

Même si les résultats recueillis sont assez décevants, les acteurs ont pu en faire émerger des pistes prioritaires pour améliorer le suivi des formations à la prévention dans le BTP. Parmi les solutions retenues, on cite :

– la promotion des formations relatives aux contraintes physiques

– l’amélioration du suivi des formations à la prévention en supprimant les freins

– la mise en place de suivi des formations en fonction des exigences de chaque métier

Le point positif selon la CAPEB, la CNATP, l’IRIS-ST et l’OPPBTP, c’est que l’observatoire va leur servir d’outil de pilotage pour améliorer les formations à la prévention des risques dans le milieu du bâtiment.

 

Lire aussi :