Risque chimique : un exercice effectué sous le pilotage du sous-préfet

Risque chimique
(Mis à jour le: 12 novembre 2019)

Face à l’apparition d’un nuage toxique dans le Rhône, le Sous-préfet de Villefranche-sur-Saône est en train de piloter un exercice de sécurité pour la gestion d’impact de ce nuage en zone urbaine.


Actuellement, il n’est pas évident de gérer le risque chimique. En particulier, lorsqu’un nuage toxique apparaît, dans des conditions climatiques où la prévision à l’avance ne peut se faire de manière exacte, il est nécessaire de canaliser celui-ci tout en maîtrisant les risques, comme l’explosion. Les entreprises classées Seveso (à l’instar des installations électriques et des installations sur site dans le domaine agro-alimentaire) font régulièrement des exercices. Dans ce contexte, les autorités de la région Rhône ont pu établir un scénario en cas de catastrophe. Il s’agit de décomposer 400 tonnes d’engrais composés d’ammonitrates dans un lieu de stockage, ce qui entraîne des effets toxiques et qui peut être source de détonation. Le Sous-préfet de Villefranche-sur-Saône à la fois Directeur des Opérations de secours, Stéphane Guyon, a piloté cet exercice. Il a expliqué les détails de cette procédure à mettre en œuvre en riposte à un nuage chimique.

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Déroulement de la gestion opérationnelle en cas d’apparition de nuage chimique

Le sous-préfet a expliqué que l’apparition du problème doit immédiatement impliquer la remontée de l’information au niveau de la préfecture. Concrètement, c’est le chef d’entreprise qui devra avertir le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) qui à son tour contactera la préfecture. Aussitôt, le Centre opérationnel départemental sera alerté au sein de la préfecture car c’est dans celui-ci que la stratégie a été mise en place. Elle englobe divers aspects, comme la communication avec les médias. En parallèle, toute une série de plans sera mise en œuvre. En premier lieu, il y a le plan opérationnel interne (POI), dont les entreprises classées Seveso sont sensées se doter. Quand l’entreprise ne peut plus gérer la situation à son niveau, il faut mettre en place le plan particulier d’intervention (PPI), qui a été établi par les autorités publiques et qui fait partie du dispositif départemental de l’Organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC). Cela déclenche le PC opérationnel qui s’étend en-dehors de la délimitation du danger. Cela peut impliquer la réquisition d’un véhicule de pompier ou l’utilisation d’appareils vidéo.

En savoir plus sur le décret relatif au plan particulier d’intervention sur :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000786335

Les principaux acteurs

Du point de vue stratégique, le Préfet est à la tête des opérations et est donc le premier responsable. Pour les opérations sur terrain, c’est le DOS qui coordonne la riposte. Le Sous-préfet peut également jouer ce rôle et un autre Sous-préfet prendra alors sa relève si l’opération s’étend sur plusieurs jours. Le DOS se base sur les directives de la préfecture et d’un Commandant des opérations (habituellement nommé en interne par le Sdis). Ce dernier se charge de la mise en œuvre de décisions prises hiérarchiquement en bénéficiant de l’appui de son équipe. Mais en réalité cela n’est pas aussi simple car la circulation des informations se fait dans deux sens : entre le site et la préfecture. Il est possible qu’une partie soit amenée à prendre des initiatives mais cela n’exclut pas une consultation préalable dans tous les cas. Pour accroître les chances que l’incident se passe au mieux, le DOS bénéficie de l’appui d’experts, comme le maire qui a une connaissance accrue de sa propre commune, ou encore des services de l’Etat (Direction Départementale du Territoire ou Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement). Mais il y a aussi les renseignements d’Etat et les pompiers, sans oublier le Samu, la police ou les gendarmes. D’autre part, il peut s’avérer nécessaire de recourir à la participation du chef d’entreprise ou de son représentant.

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