Quatre chercheurs se voient attribuer la médaille de l’innovation 2014

bonne évaluation des risques
(Mis à jour le: 9 juillet 2014)
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Depuis 2010, une médaille est attribuée en guise de récompense aux personnes qui ont mené des recherches aboutissant à des innovations remarquables à divers points de vue (économique, technique, thérapeutique ou sociétal). Le 18 juin dernier, quatre médailles de l’innovation 2014 du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) ont été remises par Benoît Hamon, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. En l’occurrence, les lauréats étaient Barbara Demeneix (biologiste), Claude Grison (chimiste), Valentina Lazarova (spécialiste en génie des procédés) et Didier Roux (physico-chimiste).

innovation 2014

Remise chaque année depuis maintenant 4 ans, cette médaille est la récompense pour ceux qui ont mené des recherches et dont les résultats ont abouti à des innovations notoires du point de vue économique, technologique, thérapeutique et sociétal. Cette année, ces quatre personnalités reçu cette prestigieuse médaille pour avoir œuvré dans le domaine de la maîtrise des risques industriels et de la préservation de l’environnement.

Risques liés aux perturbateurs endocriniens

Barbara Demeneix travaille au laboratoire Evolution des régulations endocriniennes du CNRS/MNHN. Sa renommée internationale est due aux résultats de ses recherches en endocrinologie, dans le cadre des études sur l’hormone de la thyroïde et des perturbateurs endocriniens. Elle a mis en place une nouvelle technologie pour identifier les substances nocives dans les domaines hospitaliers et industriels. Basé sur un système in vivo, il s’agit de déceler et d’évaluer la teneur en perturbateurs endocriniens en milieu environnemental.

Mais les activités de la biologiste ne s’arrêtent pas là, car elle est aussi co-fondatrice du groupe WatchFrog, à l’origine des tests éthiques effectués sur des larves de poisson ou de batraciens, afin de mesurer la présence de composés chimiques ainsi que leurs conséquences. Grâce à ces tests, l’assimilation, le métabolisme, la distribution et la propagation des molécules nocives pourront être intégrés à l’évaluation de la présence de composés uniques, ce qui n’est pas le cas des tests traditionnels en toxicologie. Avec les découvertes de Barbara, un grand pas vient d’être fait dans le monde scientifique pour ce qui concerne les perturbateurs endocriniens. Les recherches de cette scientifique vont également ouvrir la porte aux modes d’évaluation de la qualité de l’eau distribuée aux ménages dans le cadre de la prévention des maladies.

Exploiter les plantes pour la dépollution

Claude Grison, directrice du laboratoire de chimie inspirée du Bio et des innovations dans le domaine écologique, s’est démarquée grâce à ses recherches concernant la chimie bio en phytoremédiation des terres minières. Également professeure à l’Université Montpellier 2, elle œuvre notamment dans le domaine de la chimie bio-inspirée basée sur les ressources naturelles, l’application de procédés en adéquation avec l’écologie et la solution aux préoccupations environnementales et écologiques associées aux déchets miniers.

Cette chimiste est la première à concevoir des traitements basés sur la chimie, mais qui n’entraînent pas de pollution, grâce à l’exploitation d’espèces végétales hyper-absorbantes de manganèse, de zinc de nickel ou de cuivre, ce qui amène à des progrès majeurs en matière de synthèse organique. Suite aux travaux de la chimiste, on a pu procéder à la préparation de formes innovantes de catalyseurs de réactions chimiques grâce à la biomasse affectée par des métaux lourds, ce qui permettrait d’accéder à des molécules qui ont une plus-value. Avec les nouvelles molécules, d’autres voies seront ouvertes dans le domaine de la pharmacie, des cosmétiques et de l’alimentaire.

Basés sur la connexion entre la chimie et l’écologie, les travaux de Claude Grison ont attiré l’attention de grandes firmes industrielles en Europe et en Asie, ce qui a abouti à des contrats de coopération.