Pollution générée par les bâtiments : comment y remédier ?

Pollution generee par le BTP
(Mis à jour le: 19 mars 2019)
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En France, des lois ont été instaurées pour faire disparaître progressivement les substances nocives présentes dans les composants des bâtiments.

En application du dernier décret, l’inspection du travail peut désormais suspendre les activités d’une entreprise lorsque le danger est potentiel en raison de la présence de produits chimiques. Le principe est de sensibiliser les professionnels sur les seuils de tolérance d’exposition.

Depuis 1992, dès lors qu’il existe un risque sur les chantiers de construction (ensevelissement ou chute), des procédures sont applicables, y compris pour les chantiers de désamiantage depuis 1996. Depuis le décret du 28 septembre 2007 sur l’arrêt temporaire d’activité, les inspecteurs de travail peuvent suspendre une activité industrielle lorsqu’il y a des risques non négligeables pour la santé des salariés.

Détecteurs de gaz et appareils respiratoires pour plus la protection des salariés.

L’amiante : un des facteurs à l’origine des cancers

Quand il est question de santé des travailleurs du bâtiment, on ne peut s’empêcher de penser à l’amiante. Ayant atteint des pics de consommation vers les années 1970 (production de près de 150000 tonnes par an), l’amiante n’a été interdite par la loi que depuis 1997. Cette substance a non seulement des effets cancérigènes, mais a aussi des effets durables en cas de longue période d’exposition.

La date du 1er janvier 1997 marque la fin de la commercialisation sur le marché de la Métropole des importations, exportations et vente des produits à base d’amiante, surtout l’amiante-ciment. Pour un minimum de risques pour les travailleurs, l’employeur doit mettre en œuvre les mesures préventives adéquates et faire bénéficier ses salariés d’une surveillance médicale.

Amiante : encore et toujours des victimes dans le BTP

Les fibres d’amiante, une fois inhalées, ont des effets variant suivant leur forme, leur dimension ou leur degré de persistance. Elles s’éliminent difficilement à travers l’organisme et représentent un risque pour la santé. D’après les études, lorsque ces substances sont emmagasinées dans l’organisme, des pathologies graves peuvent apparaître, en particulier au niveau des poumons. Il s’agit par exemple des cancers de l’appareil broncho-pulmonaire, de la fibrose du poumon ou de la plèvre.

En général, les mesures préventives consistent à instaurer des dispositifs de sécurité et de protection des salariés, dont les conditions sont fixées par la loi. La protection concerne les risques d’inhalation de la poussière d’amiante. Les mesures générales impliquent souvent l’analyse des risques et l’application d’obligations spécifiques à chaque activité, comme en cas de suppression ou de confinement dans les bâtiments où l’amiante est présente.

Le plomb : un matériau résistant mais nocif

Le plomb a fait partie des matériaux couramment utilisés dans le bâtiment depuis des siècles. Il offre l’avantage de résister à la corrosion, d’où son utilisation répandue en alimentation en eau en plomberie ou encore en peinture, cela en dépit des risques qu’il génère pour la santé. Lorsqu’une personne s’expose de manière prolongée au plomb, il risque de subir de nombreux troubles de la santé, plus connus dans ce cas sous le nom de « saturnisme ». Ainsi, la loi encadre rigoureusement l’utilisation de plomb.

Une étude réalisée par la surveillance médicale des risques a révélé qu’en 2003, le taux d’exposition au plomb a atteint 129 800 salariés en France. D’après Carcinogen Exposure, ce nombre aurait même frôlé les 135 000. En 2004, la consommation de plomb dans la Métropole était de 255 000 tonnes, dont plus des trois-quarts va à la fabrication de batteries.

Il faut vérifier régulièrement la présence de plomb dans un lieu de travail et effectuer un contrôle dans le cas où le seuil de tolérance est dépassé. Les mesures préventives consistent surtout à substituer les produits à base de plomb en composants moins nocifs, révéler et caractériser l’exposition au plomb, entraver l’inhalation du plomb et empêcher qu’il ne soit ingéré.

Les dérivés du plomb sont répertoriés comme nocifs pour la reproduction, d’où l’application de règles spécifiques en matière de prévention contre les risques d’exposition aux substances cancérigènes ou toxiques.

Gaz : l’exposition prolongée est un risque important

Si une personne s’expose au gaz, les risques vont varier suivant le taux de gaz présent. Cette présence diffère d’une région à une autre. Ainsi, l’IRSN a établi une carte répertoriant les zones en présence de gaz suivant le taux. Les parties les plus touchées sont la Corse du Sud et l’Auvergne.

Par ailleurs, il y a des risques d’exposition au radon, qui, selon une étude, entraîne d’une manière ou d’une autre le cancer du poumon.

Chez les mineurs d’uranium, les risques de cancer du poumon ont été confirmés, le taux d’exposition au radon étant considérable. Cependant, aucun postulat n’a permis de confirmer un quelconque lien avec l’exposition au radon seul chez les travailleurs du bâtiment. De même, aucune étude n’a pu affirmer qu’il n’y a pas de risques, même minimes.

Pour prévenir cette exposition au radon, de nombreux dispositifs sont présents sur le marché, comme pour la surveillance de la contamination dans l’atmosphère. Un tel instrument va aider à mesurer continuellement la contamination, à mesurer des échantillons et à détecter la contamination.

S’il s’agit de contamination en surface, l’employeur aura le choix parmi de nombreux modèles de détecteurs. Ces derniers doivent être à disposition du personnel, surtout dans le cas d’utilisation de sources non scellées. Si un lieu de travail est effectivement contaminé, il est fort possible que les travailleurs le soient aussi. Cette contamination pourra être révélée par des détecteurs spéciaux qui mesurent le rayonnement qui émane des substances radioactives présentes sur le corps ou les vêtements.