Nuisances sonores dans le milieu du travail

naissances sonores dans le milieu du travail
(Mis à jour le: 26 novembre 2014)
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Dans de nombreux domaines professionnels, les nuisances sonores affectent la qualité de vie des travailleurs. Il importe alors de prendre en compte le confort acoustique au travail pour éviter que les salariés ne se retrouvent dans un certain état de nervosité ou ne se fatiguent trop rapidement.


L’inconfort acoustique : définition et statistiques

Bien que la manière dont un son est perçu diffère d’un individu à l’autre, il existe tout de même un degré au-delà duquel un sentiment d’inconfort acoustique apparaît. Le niveau du son perçu se mesure en décibels, dB(A). Ainsi, le bruit perçu dans une chambre à coucher silencieuse est d’environ 30 dB(A), une conversation normale ne dépasse généralement pas les 50 dB(A). Un son est réputé « nocif » lorsqu’il dépasse 80 db(A). Tout cela a été encadré par la directive européenne 2003/10/CE, elle-même traduite en droit français par le décret 2006-892 du 19 septembre 2006 et l’arrêté du 19 juillet 2006. Les seuils d’exposition professionnelle au bruit ont été fixés suivant les valeurs suivantes :

80 dB(A) et 135 dB(C) correspondent à la valeur d’exposition inférieure induisant une action de prévention.
85 dB(A) et 137 dB(C) représentent la valeur d’exposition supérieure engendrant des actions correctives
87 dB(A) et 140 dB(C) font figure de valeur limite d’exposition (valeur qui tient compte de l’atténuation due au port d’un protecteur individuel contre le bruit) : elle ne doit jamais être dépassée.
Rappel, le niveau de décibels C correspond à la pression acoustique de crête, des bruits intenses mais courts.
Une étude de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) a permis de constater que près de 5 millions de personnes en France souffrent de problèmes auditifs. Parmi ces personnes, environ 2 millions sont âgés de moins de 55 ans. Chaque année, on recense près de 1200 cas. L’indemnisation liée à une surdité professionnelle s’élève à 100 000 euros, ce qui fait de cette pathologie l’une des maladies professionnelles les plus coûteuses.

Quels sont les risques ?

Les effets sur les capacités auditives sont à la fois liés à la durée d’exposition au son et à l’intensité de ce dernier. Généralement, lorsque le niveau sonore est très élevé, le travailleur ressent immédiatement de l’inconfort. L’homme possède des cellules sensorielles qui ne peuvent être remplacées. L’un des facteurs qui intervient est la surexposition au bruit qui entraîne une fatigue auditive. Pour cela, il n’est pas utile que le niveau du son dépasse le seuil toléré. Les principaux effets sont les acouphènes et la baisse de l’acuité auditive.
Par ailleurs, si le travailleur est exposé à un niveau de son élevé, notamment de manière prolongée, il peut devenir sourd. En effet, ce type d’exposition peut détruire partiellement ou entièrement les cellules sensorielles et cette situation est irréversible.
Il existe d’autres risques non traumatiques, plus communément appelées pathologies extra-auditives. Ce sont des effets comportementaux et physiologiques. La cause est indirectement liée au bruit : le bruit provoque une perturbation au cours d’une conversation ou d’une réunion importante. Un bruit qui dérange peut induire indirectement des accidents de travail, provoquer des troubles cardiovasculaires, une fatigue chronique ou encore du stress. Mais dans ce cas, le bruit peut ne pas être le seul facteur influant : l’exposition continue à des produits chimiques peut aussi aggraver le phénomène.

Limiter le bruit

Les bruits peuvent être à l’origine de plusieurs sources différentes. La première chose à faire est donc d’identifier ceux-ci pour pouvoir appliquer la solution adéquate. Il existe des bruits aériens, qui sont véhiculés dans l’air, comme la musique ou la voix. On distingue également les bruits d’impact, perçus comme des vibrations dus à des chocs entre deux objets et qui se transmettent à travers ces derniers. Enfin, il y a les bruits des matériels (machines industrielles par exemple) et qui se propagent par vibrations traversant les parois d’un bâtiment.
Ainsi, le bruit ne se propage pas forcément de la même manière. Il peut se heurter à des obstacles qui peuvent soit en augmenter l’intensité ou au contraire la réduire.
Pour améliorer le confort acoustique, il existe différentes solutions. Pour cela, il est préférable d’investir préalablement au lieu de mettre en place des actions correctives.

Les actions à mener

Mise en place d’un dispositif de mesure d’exposition au bruit. Diverses entités peuvent demander cette mesure, notamment l’entreprise elle-même, le CHSCT, un inspecteur ou un médecin du travail.
Le dispositif le plus commun est le sonomètre qui va déterminer l’environnement de travail le plus exposé au bruit. Lorsque le niveau sonore est élevé à un endroit donné, un exposimètre permettra de mesurer le niveau sonore de manière plus précise.
D’autre part, il est possible de recourir à des mesures de protection collective. Pour cela, l’organisation rigoureuse du travail est un élément primordial afin de limiter l’exposition au bruit. Des mesures préventives peuvent aussi être instaurées, notamment par la conception du milieu de travail.
En termes de protection individuelle, les employeurs peuvent doter leurs salariés d’équipements de protection auditive individuelle. Sur le marché, il existe de nombreuses sortes, comme les casques anti-bruit ou les bouchons d’oreilles (pour plus de sécurité découvrez la rubrique spéciale protection auditive recommandée par abisco.fr). Ces derniers sont moulés de façon à épouser parfaitement le conduit auditif de celui qui le porte. Les employeurs favorisent ce type de dispositif surtout s’il doit être porté de façon prolongée.
Enfin, il faut préciser que ces dispositifs de protection individuelle n’apportent une efficacité optimale que s’ils sont portés 9 fois sur 10 au cours de l’exposition au bruit.