Non-respect de leurs droits : les internes maintiennent la grève

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(Mis à jour le: 22 février 2019)
Non-respect de leurs droits : les internes maintiennent la grève
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En théorie, l’interne en médecine bénéficie d’un repos de sécurité à l’issue de chaque garde de nuit d’une durée de 11 heures immédiatement consécutive à la garde. Or, en pratique, le repos de sécurité n’est pas respecté dans beaucoup d’hôpitaux. Ce qui cause un fort mécontentement chez ces étudiants en formation spécialisée et qui les a d’ailleurs poussés à maintenir la grève annoncée au mois d’octobre.

Malgré les injonctions ministérielles en matière de repos de sécurité, ainsi que les paroles tranchantes de la Ministre de la Santé, Marisol Touraine, disant clairement que les internes ne sont pas corvéables à merci, un bon nombre d’établissements de santé ne respectent pas encore ce droit attribué aux internes. Cette situation est devenue plus qu’insupportable pour ces internes qui craignent les erreurs médicales, à cause d’un  volume horaire de travail trop élevé. Sur ce, ils font appel à la Ministre et se plaignent de n’avoir pas vu la moindre amélioration en plus de deux ans

Selon la conclusion de l’Inter-syndicat, il est plus que temps de prendre des mesures fortes, courageuses et sans appel pour régler la question du temps de travail des internes. Il impose donc de prendre des mesures, notamment deux dont une semaine de travail commençant le lundi matin et se terminant le vendredi soir (le samedi matin passant de garde) et une révision du statut des astreintes.

Réduire le travail des internes à 48h par semaine

Les internes ont un rôle de professionnel de santé agent public et assurent à ce titre des missions de préventions, de soins, de diagnostics… Cependant, leurs conditions de travail, plus précisément le taux élevé de leur volume horaire de travail, pourraient porter préjudice aux patients.

En effet, 15 % des internes interrogés lors d’une enquête récente réalisée par la Conférence des directeurs généraux (DG) de CHU concernant le repos après une garde, déclarent avoir commis des erreurs médicales de prescription, de diagnostic ou même d’acte opératoire en lendemain de garde et plus de 39 % estiment qu’ils en ont probablement réalisés sans l’affirmer avec certitude.

L’Europe donne raison aux internes. La Commission Européenne demande donc à la France de respecter le droit des internes, notamment à des périodes minimales de repos et à une durée de travail limitée de 48 heures par semaine. Ainsi, si dans deux mois l’Etat français ne réduit pas le temps de travail des internes à l’hôpital à 48h par semaine, Paris sera poursuivie devant la Cour de justice de l’Union Européenne. Une injonction saluée par les internes.

 

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