Les RPS ou risques psychosociaux

(Last Updated On: 23 septembre 2014)

Il s’agit d’une variante de la pénibilité qui est aujourd’hui encore méconnue. Pourquoi ? Parce les facteurs RPS sont d’ordre psychique et non physiologique. Selon l’enquête Sumer 2010, qui s’est beaucoup plus intéressée aux RPS, le stress au travail figure parmi les principaux RPS et d’ailleurs, ce facteur est le seul RPS à avoir été étudié jusqu’ici. Selon une étude menée sur la France, le stress au travail génère chaque année un coût total de deux à trois milliards d’euros. A lire également :Santé au travail : comment réduire la pénibilité ?

Ce stress, le terme qu’on utilise aussi pour désigner les RPS dans leur ensemble, est surtout causé par la pression au travail pour atteindre les objectifs et un rythme de travail toujours plus rapide. Aussi, il faut savoir que les entreprises d’aujourd’hui cherchent plutôt des candidats polyvalents ce qui impose au travailleur de pouvoir tout faire à la fois. La relation entre les différents acteurs professionnels peut aussi être une source de stress pour un salarié. Pour mieux comprendre ce qu’il en est réellement, sachez que les facteurs favorisant les RPS sont répertoriés en quatre groupes à savoir :

– Organisation et exigences du travail

– Management et relations de travail

– Prise en compte des valeurs et attentes des salariés

– Changements du travail

Il faut savoir que les conséquences des RPS peuvent être très graves, car elles peuvent nuire jusqu’à la santé mentale du travailleur. Il faut effectivement reconnaître que le stress ne fait jamais cavalier seul, mais s’accompagne souvent de dépression, d’anxiété et d’isolement. Des facteurs qui peuvent vraiment pousser le travailleur à un état dépressif.

Qu’il s’agisse de RPS ou de TMS, ces deux facteurs nuisent au bon fonctionnement de l’entreprise, car sont souvent sources de non-respect des horaires, d’absentéisme, d’indisciplines, d’augmentation des accidents de travail, de baisse de la productivité… Bref, des conséquences qui peuvent facilement être solutionnées à travers une bonne prévention des risques TMS et RPS.

Les pénibilités d’un point de vue socioprofessionnel

Globalement, la pénibilité définit une situation de travail qui risque de nuire à la santé d’un travailleur. Ceci signifie aussi que la pénibilité peut exister ou non pour un même métier. Cela dépend surtout de la façon de réaliser la tâche et des différents moyens mis à la disposition du travailleur pour la réaliser. Si le salarié dispose d’excellents outils pouvant lui faciliter la tâche, la pénibilité est moindre, mais s’il doit fournir des efforts physiques intenses pour réaliser la même tâche, il y aura pénibilité. Il faut donc voir si le travail expose le salarié à des risques ou non.

D’ailleurs, on retrouve deux autres indicateurs de la pénibilité que sont le nombre d’accidents de travail et le nombre de maladies professionnelles. On entend par maladies professionnelles, les maladies que les travailleurs attrapent suite à la pénibilité de leur travail au quotidien. L‘OIT (Organisation Internationale du Travail) a même renforcé le fait que la majorité des décès recensés à travers le monde à un lien avec le travail. Pour affirmer cela, elle avance des chiffres assez surprenants qui disent que chaque année, on compte un peu plus de 2,34 millions de décès au travail soit environ 5000 morts par jour. A lire aussi : Le compte pénibilité : un plan proposé par la réforme des retraites

La médecine du travail : objectif et raison d’être

La loi du 20 juillet 2011 est venue réformer l’organisation de la médecine du travail pour la remettre à sa juste place c’est-à-dire en tant qu’ actrice de la santé au travail et non plus comme spectatrice. Cette loi a donc déterminé avec précision les différents rôles que doivent remplir les services de santé au travail. Elle ne se focalise plus uniquement sur le médecin, mais s’intéresse vraiment à la mission de la médecine au travail. C’est ainsi qu’elle compte mettre sur pied une organisation pluridisciplinaire qui englobera des médecins, mais aussi des infirmiers, des ergonomes, des ingénieurs de prévention, … Ce côté pluridisciplinaire a pour but de rendre la médecine du travail à la fois efficiente et performante.

Cette médecine du travail aura alors pour missions de mener une veille sanitaire et une prévention primaire de la santé. Pour ce faire, elle s’intéressera aussi bien au salarié en tant qu’individu et aux collectivités des travailleurs.

Le dispositif de suivi des expositions

Ce dispositif de suivi des expositions contrôlera deux facteurs à savoir le facteur RPS et le facteur de pénibilité. Sa mise en place permettra d’identifier assez tôt les risques auxquels les travailleurs sont exposés et d’y apporter rapidement une solution. La médecine du travail pourra également agir afin de réduire les risques au maximum, voire de les éradiquer.

Le dispositif Evrest

Il faut noter que d’autres outils de suivi ont déjà été utilisés pour mesurer la pénibilité des travailleurs. Evrest (Evolution et relations en santé au travail) est par exemple un outil qui se compose de questionnaires auxquels les travailleurs doivent répondre pendant leur visite médicale. Il prend en compte de nombreux facteurs tels que les conditions de travail, le mode de vie du travailleur, la formation et le tutorat, les données sociodémographiques et professionnelles et les données générales sur la santé du patient. L’application d’Evrest a permis de constituer une base exploitable au niveau national. Les médecins peuvent donc accéder à cette base de données pour apporter des améliorations sur la santé au travail. Ils pourront également soulever des questions pour trouver de meilleures mesures de préventions.

Autrement dit, étudier la pénibilité ne signifie pas seulement déterminer les situations et conditions néfastes au travail, mais cela permet aussi de mieux réfléchir afin de mieux agir contre la pénibilité.

Les outils de prévention

Il est vrai que le compte pénibilité nous donne une vue globale des différentes situations pénibles que subissent les travailleurs et pour les éviter, des mesures préventives ont été adoptées et appliquées.Leur rôle est d’éviter que la pénibilité ne survienne, car trop souvent, ces facteurs se présentent sans qu’on s’y attende. Pour les prévenir, différents outils ont donc été mis en place.

– Le COCT ou Conseil d’Orientation sur les Conditions de Travail.

Cet organisme remplace le Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels et son rôle est de promouvoir la santé au travail. Pour ce faire, il va diriger les travaux concernant les diagnostics, les évolutions, les orientations opérationnelles, les innovations et la prévention des risques émergents. Il remplit également le rôle de relais entre le Ministère du Travail et les différents acteurs professionnels. Enfin, il mène les débats concernant les orientations politiques. Il faut noter que le COCT est toujours consulté lorsqu’on projette d’élaborer des plans nationaux d’action et des projets d’orientation des politiques publiques. Il utilise également un observatoire de pénibilité pour remplir ses missions. Cet outil lui permet d’analyser les pénibilités rencontrées sur le marché du travail et d’y apporter des améliorations.

– Les organismes de soutien :

Ils sont nombreux et c’est le gouvernement lui-même qui les a instaurés pour venir en aide aux entreprises. Ces organismes peuvent remplir divers rôles comme financer l’application des mesures de préventions, accompagner l’entreprise dans une démarche d’amélioration des conditions de travail ou encore soutenir l’entreprise dans l’établissement d’un diagnostic et dans la prévention. Parmi ces organismes, on cite par exemple le FACT, le MSA, le CARSAT, …

– L’analyse ergonomique du travail :

Cette analyse porte sur les conditions de travail homme-machine. Elle vise à assurer la sécurité, la santé, le confort, l’efficacité et la satisfaction de l’homme qui manipule quotidiennement une machine pour travailler. Il convient de faire la différence entre ergonomie physiologique et ergonomie psychologique. Dans les deux cas, les résultats de ces deux analyses ont pour objectif de faciliter la transition au nouveau système, de définir l’aide dont le salarié a besoin pour travailler, de le former sur la manipulation de la machine et de lui faire comprendre les avantages que l’on peut tirer de cette machine et des contraintes qu’elle risque de poser à un moment ou un autre de son cycle de vie. L’analyse sera donc directement faite sur le terrain afin d’obtenir des informations vérifiées et justes. C’est l’ergonome qui va mener cette tâche et ce sera à lui d’interpréter les résultats pour que tous les autres acteurs puissent les utiliser à leur tour.

La posture : un compte pénibilité ?

Pour travailler, on a tous besoin d’adopter une posture et elle n’est pas forcément néfaste. Ce sont les postures nuisibles qui figurent dans le compte pénibilité et elles sont prises très au sérieux. Pourquoi ? Parce qu’une mauvaise posture peut entraîner diverses douleurs au niveau du corps (cou, dos, bras, jambes, …) et sur le long terme, ces douleurs peuvent causer des handicaps. Il faut noter que la mauvaise posture ne dépend pas uniquement du travailleur, mais les conditions de travail ont également leur rôle à jouer dans cette histoire. C’est pour cela que la qualité d’une posture dépend des caractéristiques du travail à réaliser et de celles de l’environnement ainsi que des contraintes internes.

Il est ainsi recommandé de changer régulièrement de posture durant une journée de travail et d’utiliser des outils répondant efficacement à la posture que vous devez le plus adopter pour travailler. Ainsi, si vous devez travailler sur ordinateur, assurez-vous que le siège que vous utilisez vous offre un bon équilibre et vous permette d’adopter une posture qui ne risque pas de nuire à votre état de santé.

Ce que l’entreprise doit faire

Ceci sous-entend alors que les entreprises doivent faire l’effort d’adapter le lieu de travail aux différentes tâches que doivent réaliser ses employés. Cela leur permet de travailler dans le confort et de ne pas fournir des efforts que l’entreprise aurait pu lui épargner. Même si pour l’entreprise, cela signifie générer des dépenses supplémentaires, elles ne sont aucunement inutiles, car un travailleur à l’aise dans son travail est plus productif et donc plus rentable pour la société.

Outre donner aux employés les moyens de travailler dans le confort, l’employeur doit aussi penser à aménager les locaux de sorte à ce que les salariés s’y sentent bien et y soient en sécurité. Pour cela, différents points doivent être améliorés à savoir :

– La communication

– L’accès aux locaux

– La circulation à travers les locaux

– Les nuisances chimiques et physiques

– Les contraintes de temps

– La manutention

– Les efforts

Pour mieux améliorer les conditions de travail de vos employés, sachez que certaines tâches qu’ils accomplissent au quotidien sont pénibles comme le fait de devoir travailler à longueur de journée devant un écran, travailler dans un environnement bruyant, travailler dans un espace mal aéré, éclairé, chauffé et climatisé, travailler dans une usine où aucune signalétique n’est posée pour éviter les accidents, … Tous ces points doivent donc être pris en compte lorsque vous déciderez que vos employés ont droit à mieux. Il faut souligner qu’à part les outils communs proposés par le gouvernement, chaque entreprise peut aussi innover ses mesures préventives selon ses besoins. D’ailleurs, l’employeur est le mieux placé pour savoir ce qui serait le mieux pour ses employés et augmenter leur productivité.

Ainsi, certaines entreprises ont choisi de recruter des professionnels externes comme les masseurs ou les kinésithérapeutes pour que les employés puissent évacuer le stress. Certaines choisissent d’organiser des team-buildings pour renforcer les liens de toute l’équipe et permettre aux employés de s’amuser aux frais de l’entreprise. D’autres ont décidé de servir à la cantine une alimentation équilibrée et variée pour que le salarié ait toute l’énergie qu’il lui faut pour travailler. Dans cette même optique, sachez qu’il y a désormais ce qu’on appelle la « diététique d’entreprise » qui permet d’éviter l’obésité chez les employés, surtout ceux qui doivent adopter une posture assise tout au long de la journée. Cette dernière démarche réduit également les risques de maladies cardio-vasculaires.

Les options pour instaurer un milieu de travail sain et sécuritaire sont donc nombreuses et chaque entreprise peut inventer sa propre démarche tout en tenant compte des différents outils mis à leur disposition par le gouvernement.

 

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