Les entreprises privilégient le bien-être de leurs travailleurs

(Mis à jour le: 16 février 2015)
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Depuis que les études ont montré que le mal-être au travail, la pression, le surcharge de travail, … vidaient les caisses des entreprises, bon nombre d’entre elles ont décidé de lancer une démarche pour le bien-être des salariés. Qui dit bonheur dit toutefois vie de famille et égalité des sexes et c’est là que le défi a été assez délicat. Néanmoins, certaines entreprises ont trouvé les meilleurs compromis pour améliorer la vie personnelle de leurs salariés sans tomber dans le paternalisme.

Pourquoi améliorer la vie des employés ?

Depuis toujours, il est difficile de séparer totalement vie privée et vie professionnelle surtout pour une femme. Les deux finissent toujours par se marcher dessus tant et si bien qu’un évènement personnel peut très vite avoir une incidence sur la vie professionnelle et vice-versa. Un proche qui décède, un enfant qui naît, un parent malade, une rupture sentimentale, … sont autant de situations qui peuvent changer l’humeur du salarié et donc sa productivité.

Aussi, puisqu’un employé loin de sa famille ou stressé est un employé qui tombe souvent malade et est toujours absent, l’entreprise n’a aucun bénéfice à en tirer.

Florence Bénichoux, médecin et fondatrice de Better Human souligne que la vie de famille protège le salarié du stress d’où l’importance de donner aux employés la chance de profiter pleinement de leur famille.

Depuis que les entreprises ont compris que le bonheur des salariés est la base d’une entreprise florissante, les chefs d’entreprises ont cherché tous les moyens pour rendre leurs employés heureux. Certaines sociétés permettent même à leurs employés de s’amuser sur leur lieu de travail, même si cette méthode n’est pas forcément la meilleure.

Par ailleurs, l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail a mené une enquête durant laquelle elle a rencontré la pédopsychiatre Christine Barois. Selon elle, les dépenses engagées à cause de la dépression au travail atteindraient les 617 milliards d’euros par an, une somme colossale qui équivaut au quadruple du budget de l’Union européenne. C’est pour ne plus perdre cet argent inutilement que la société et les autorités poussent les entreprises à investir dans le SST (santé et sécurité au travail) et BET (bien-être au travail).

Ne craint-on pas une intrusion dans la vie privée ?

Lorsqu’une entreprise cherche à rendre ses employés heureux, elle s’interroge toujours si tel geste ou comportement de sa part ne serait pas de trop. En effet, il faut qu’elle trouve le moyen de rendre les salariés heureux sans trop s’immiscer dans leur vie privée et c’est là que la tâche devient délicate.

Selon Bénédicte Rousseau, sociologue indépendante et membre du bureau HEC au féminin, s’intéresser à la vie privée des salariés est un bon début, mais à quel point ? Personne ne saurait vraiment y répondre. Certains employés y voient même un peu de paternalisme ou de fausse bienveillance.

Certaines boites souhaiteraient bien mettre en place une salle d’allaitement pour les jeunes mères, mais les dirigeants craignent que les mères y voient une sorte de pression indirecte pour qu’elles reviennent vite de congé de maternité. Il faut donc établir une frontière entre offrir des options sincères aux salariés et leur mettre une légère pression.

le bien etre au travail

Qu’en est-il de l’égalité des sexes ?

L’égalité des sexes est également beaucoup évoquée ces derniers temps et pour cause : les hommes semblent souvent absents de leur vie de famille et sont beaucoup plus sujets aux dépressions et au stress.

  • Impliquer les pères :

Le projet d’impliquer un peu plus les pères dans leur vie familiale et leur faire comprendre les enjeux de l’égalité des sexes est donc important. Le défi est toutefois loin d’être gagné, car comme le dit Sophie Digard, rares sont les hommes qu’elle connaît qui lui demandent un congé parental ou un temps partiel. Bref, c’est comme s’ils n’avaient pas de vie de famille surtout qu’ils ne s’en plaignent jamais.

  • La journée annuelle de la famille en entreprise :

Face à cette situation, Renault a adopté la journée annuelle de la famille en entreprise pour que les enfants puissent venir sur les lieux de travail des parents. Cet évènement vise à humaniser les relations de travail, permettre aux managers d’entrevoir la vie privée de leurs salariés et permettre aux pères de jouer leur rôle de « père », même sur leur lieu de travail.

  • Le programme « Happy Men » :

C’est un cercle composé exclusivement d’hommes qui se disent « être heureux ». Le programme est né de l’initiative de cadres de l’entreprise Orange, mais actuellement, il regroupe déjà quelques 200 membres issus de différentes entreprises à savoir Orange, Canal +, BNP, Accenture, GRDF, SNCF et filiale d’EDF. Pour eux, la clé du bonheur est de s’impliquer positivement et volontairement dans l’égalité professionnelle. Au sein de ce cercle, les membres se soutiennent et s’impliquent peu à peu dans leur vie de famille.

En savoir plus sur ce programme ici : http://www.happymen.fr/

  • Bilan statistique et plan d’action :

Toujours dans le cadre de l’égalité des sexes, les entreprises doivent désormais faire des efforts et pour s’en assurer, elles doivent établir un bilan statistique de l’égalité professionnelle dans l’entreprise et un plan d’action depuis l’année 2012.

En l’absence de ce plan d’action, des sanctions seront données à l’entreprise concernée. Il faut également que ce plan soit correctement dressé et la loi veille à s’en assurer. En 2013, quelques 700 entreprises ont eu un avertissement tandis que 10 ont été sanctionnées pour l’absence du plan d’action.

  • De nombreux aménagements à faire :

Pour que la femme soit égale à l’homme, de nombreux aménagements sont encore à faire puisque depuis toujours, c’est la femme qui s’investit le plus dans la vie de famille et le moins dans la vie professionnelle. Il faut donc établir un équilibre même si ce projet n’est pas toujours évident. Il faut savoir que de nos jours, de nombreuses femmes souhaiteraient travailler, mais ne peuvent pas se le permettre financièrement, car engager une garde d’enfants coûte très cher.

Dans cette optique, la plateforme BBbook a été créée par Ariane Raugel, également mère de famille et ayant longtemps vécu l’enfer de la recherche de garde d’enfants. Grâce à son entreprise, de nombreux parents, majoritairement des femmes, la contactent pour trouver une place libre en crèche à tout moment de la journée. Le but de BBbook : permettre aux salariés de trouver une place en crèche au dernier moment pour ne pas devoir s’absenter au travail.

Certaines entreprises ont donc eu la brillante idée de doter leurs salariés de ce système de garde d’enfants d’urgence et pérenne. Pour trouver une place, les parents ont juste à effectuer un seul clic sur la plateforme.

Il faut reconnaître que depuis que les parents ont accès plus facilement aux crèches, le nombre de femmes au foyer a grandement chuté passant de 3,5 millions à 2,1 millions entre 1991 à 2011. Le nombre de femmes qui souhaitent rester à la maison par choix personnel a également été divisé par trois passant de 59 % à 21 %. Ces chiffres résultent de l’étude menée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese).

Bien des mères au foyer que des femmes actives ont des problèmes lorsqu’il faut coupler vie privée à vie professionnelle. C’est pour cela que de plus en plus de femmes créent leur entreprise pour avoir un emploi de temps flexible.

Comment les entreprises doivent-elles s’y prendre ?

Pour améliorer la vie des salariés et les rendre « heureux », les entreprises ont plusieurs options telles que :

  • Mettre en place une démarche préventive pour le bien-être au travail : même s’il faut un certain investissement pour ce projet, l’Agence européenne pour la santé et la sécurité affirme que pour un euro investi, l’entreprise peut espérer un bénéfice de plus de 13 euros.
  • Fluidifier les rapports entre vie professionnelle et vie privée des salariés sans tomber dans le paternalisme.
  • Mettre en place des méthodes de travail plus souples, car comme l’affirme Sophie Digard, DRH chez Coca-Cola, les salariés ne peuvent pas être parents seulement avant 8h et après 18h30. De ce fait, il faudrait que l’entreprise cesse d’empiéter sur la vie privée de ses salariés donc éviter les réunions qui perdurent dans la soirée, respecter les jours de repos des salariés en ne leur envoyant pas de mails ou de travaux urgents pendant les week-ends et jours fériés, …
  • Envisager le télé travail: de plus en plus d’entreprises se lancent dans le télé travail du moment que les travaux peuvent être traités en dehors de l’entreprise. Aujourd’hui, le plus important pour une entreprise florissante ce n’est plus d’avoir des salariés présents tous les jours, mais d’avoir un travail bien fait et soigné quel que soit l’endroit où il a été traité. Grâce à internet, le télé travail est donc à envisager surtout dans le cas où un des enfants tombe malade. Le travailleur peut ainsi travailler de chez lui tout en veillant sur son enfant.
  • Envisager également le travail à temps partiel : même si certaines entreprises ne veulent pas en entendre parler, les employés qui travaillent à temps partiel peuvent être plus productifs que ceux qui doivent travailler toute la journée. Explication : lorsqu’on est présent toute la journée, le corps peut rester là, mais l’esprit n’y est pas. Résultat : le travail est mal fait. Par contre, lorsque le salarié travaille à temps partiel, il vient dans sa société uniquement pour travailler et donc il est plus productif. Il n’a pas le temps de penser à autre chose vu qu’il a le reste de la journée pour y penser après.
  • Investir dans les outils numériques : ils permettent le télé travail et évitent donc aux salariés qui vivent loin des entreprises de se déplacer quotidiennement. Ces outils permettent également de rester en contact 24h/24 avec le siège et le salarié peut ainsi travailler à son rythme tout en ayant un gagne-pain et rester près de sa famille.

Par conséquent, pour faire des travailleurs heureux et avoir une entreprise prospère, les dirigeants doivent penser à leur bien-être et aux différentes manières pour qu’ils puissent à la fois travailler sans exclure la vie de famille.