Le projet E-primo pour une meilleure prévention contre les RPS

syndicats et risques psychosociaux miser sur une prevention primaire
(Mis à jour le: 19 janvier 2015)
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Les RPS ou risques psychosociaux touchent de nombreux travailleurs et coûtent une petite fortune à l’État. De nombreuses mesures de prévention ont donc été éditées pour y lutter contre ce phénomène et le projet E-primo en fait partie.

De quoi s’agit-il réellement ?

Le projet E-primo a été créé par quatre pays à savoir la France, l’Italie, l’Espagne et la Turquie. L’initiative vient de trois organismes différents à savoir l’EU-Osha (agence européenne pour la sécurité et la santé au travail), l’Etui (institut syndical européen) et l’Istas (institut syndical espagnol).

Quels sont ses objectifs ?

Le projet E-primo a pour objectif de déterminer les obstacles à la mise en place de la prévention contre les Risques Psychosociaux et les facteurs qui peuvent y contribuer. Selon ses créateurs, il permettrait d’instaurer une organisation de travail plus saine pour les salariés. C’est le Parlement européen qui a pris cette résolution afin d’améliorer le cadre psychosocial de tous les salariés.

Le fruit d’une campagne ?

Avant d’éditer le projet E-primo, une campagne concernant la santé et la sécurité au travail a été menée. L’étude s’est étalée sur cinq ans, car elle a débuté en 2007 pour ne se terminer qu’en 2012. Cette campagne a été organisée par l’EU-Osha et l’Etui. Les données recueillies ont démontré clairement que les conditions de travail ne cessent de se dégrader d’où l’application urgente de ce projet.

Soulignons que durant la campagne, un questionnaire a été soumis aux travailleurs et les réponses ont affiché la corrélation entre le stress et les conditions économiques des pays. Un taux de stress de 43 % a ainsi été détecté en Grèce contre 13 % en Suède.

Des recherches plus poussées

Afin de trouver des solutions plus efficaces, cette première étude a fait suite à des recherches plus poussées et plus ciblées. En effet, la deuxième étape a permis d’étudier les quatre pays concernés par le projet E-primo à savoir la France, l’Italie, l’Espagne et la Turquie.

Le but de la seconde étude était de comparer les modes de fonctionnement des CHSCT au sein des quatre pays et de mettre en exergue l’implication des syndicats. Les résultats ont ensuite permis d’avancer des solutions pour améliorer les conditions de travail.

Points communs et différences entre les pays

Même si cette étude s’est focalisée sur quatre pays méditerranéens, les experts ont pu découvrir des points communs et des différences entre eux. Au niveau législatif, les mesures utilisées étaient alors semblables et chaque pays avait des accords-cadres.

Toutefois, la France était la seule à pouvoir recourir à une expertise en cas de risques graves. Elle n’est pas parfaite pour autant, car en matière de prévention, il semblerait qu’elle figure parmi les mauvais élèves alors que les pays nordiques y prêtent une grande attention et sont même exigeants dans ce domaine.

La Suède exige par exemple que chaque salarié soit membre d’un syndicat avant de pouvoir bénéficier d’une couverture de santé et ce, quelle que soit la taille de la société. La réalité en France est toute autre, car le CHSCT n’est rendu obligatoire que pour les entreprises ayant plus de 50 salariés.

Résultat : les TPE et PME ayant un effectif en dessous de 50 n’ont aucun moyen de se protéger contre les RPS et les autres risques auxquels les travailleurs sont exposés.

Ce que propose le projet E-primo

Malgré l’étude approfondie qui a été menée, aucune solution prête à l’emploi n’a pu être dégagée. Par contre, de nombreux leviers d’actions ont pu être dégagés tels que renforcer la prévention. Pour ce faire, le projet E-primo recommande de s’attaquer à la source, c’est-à-dire de mettre en place une prévention primaire au lieu de se limiter aux préventions secondaires et tertiaires.

La prévention primaire s’attaquera bien sûr à l’organisation du travail, ce qui ne risque pas de faire plaisir aux dirigeants d’entreprise. En effet, ces derniers répugnent depuis toujours à modifier leur stratégie et pourtant, avec l’E-Primo, ils devront bien s’y soumettre puisque pour lutter contre les RPS, il faut avant tout éradiquer les dysfonctionnements organisationnels. Ces derniers sont effectivement connus comme étant la source principale des RPS.

Une autre facette sur laquelle les experts souhaitent travailler : la formation du personnel. Selon les experts, le manque de formation des salariés favorise également les RPS.

En cause : les directions qui ne les forment pas assez et leur donnent pourtant des travaux hors de leurs compétences.

D’après les observations, les dirigeants d’entreprise d’aujourd’hui s’attendent à recruter des travailleurs polyvalents et polycompétents d’où le stress chez les salariés. Les experts recommandent alors l’organisation et la mise en place de formation adéquate pour que les travailleurs puissent exécuter les tâches qui leur sont confiées sans difficulté et sans risques.

Une augmentation des effectifs et un travail sur les cadres intermédiaires pourraient aussi améliorer les choses et lutter une bonne fois pour toute sur ces dysfonctionnements organisationnels.