Le « burn-out » ou épuisement professionnel : le boom qui alarme les médecins du travail

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(Mis à jour le: 21 février 2019)
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Une association de médecins du travail de la ville de Touraine a émis l’alerte auprès de l’Etat, pour que ce genre de fatigue soit considéré comme un véritable trouble professionnel.


Une étude affirme qu’en France, presque 3,2 millions de salariés seraient menacés du phénomène du « burn out », soit un peu plus de 12% de la population active. Une constatation faite par Technologia, un bureau d’études spécialisé dans l’estimation et la précaution des menaces liées au travail. Ce qui préoccupe fortement les médecins de prévention. Un appel au gouvernement lancé par une bonne centaine d’entre eux exerçant à Touraine a pu récolter 336 signatures. La défense précise que les médecins relèvent le développement continu de toutes les situations inattendues des personnes atteintes d’épuisement et de passivité.
Les effets de cette pathologie touchent le domaine économique. Les médecins expliquent que la plupart des travailleurs suivent des traitements contre la dépression, les troubles du sommeil et l’anxiété. Ils ajoutent que ceux-ci ont des difficultés à retourner dans le monde du travail et nombreux sont les employés qui ne désirent plus regagner leur poste au travail. 24% des travailleurs concernés par ce risque sont des agriculteurs, suivis des artisans, gérants d’entreprise et des commerçants (20%) et des cadres (19%). Selon une expertise de l’Institut National de Recherche et de Sécurité INRS, la prévision des charges sociales liées au stress au travail atteint les 2 à 3 milliards d’euros. Ce qui correspond à près de 20% des dépenses du secteur des accidents professionnels et des maladies du travail de la Sécurité sociale.

Pénalités budgétaires

L’éclatement de cette pathologie est-il uniquement causé par la crise ? Interrogé par le magazine « La Nouvelle République » de la région, Bernard Morat un médecin du travail exerçant son métier en Indre-et-Loire dénonce les 35 heures. Il explique qu’au lieu de recruter, c’est la productivité au travail des salariés qui a augmenté et que la crainte du chômage empire les conditions. Le médecin Gilles Levery appuie cette idée en indiquant qu’avant, dans le cas d’une situation difficile au travail, les salariés démissionnaient et changeaient de poste. Mais aujourd’hui cela paraît impossible. Les initiateurs de la revendication s’interrogent et s’inquiètent sur les répercussions du « burn-out » au travail. Ils précisent que ce phénomène se termine généralement par un suicide, un accident de route inexplicable, une maladie générale ou des troubles musculaires et nerveux.
Ces auteurs de l’appel ont rejoint la pétition lancée par Technologia à la fin du mois de janvier ; celle-ci a regroupé plus de 8500 signatures. Ils revendiquent la considération du phénomène « burn-out » comme étant un vrai malaise professionnel de la part de la Sécurité Sociale, dans le but de simplifier sa prise en charge. De nos jours, les travailleurs atteints de « burn-out » ont pour unique recours de bénéficier d’un taux d’inaptitude provisoire de 25% lors des faits, en faisant appel au Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP). Des démarches bien difficiles à réaliser d’après les professionnels, pour qui la considération du « burn-out » deviendrait une « disposition de justice vis-à-vis des travailleurs atteints ».

Les spécialistes de Technologia ajoutent que ladite reconnaissance faciliterait l’amélioration de la précaution dans les sociétés. Selon eux, les actions entreprises et les intentions pour la qualité de vie professionnelle vont bien au-delà du processus pensé et planifié. Aussi, pour mobiliser les responsables, il faudrait installer un système de pénalités budgétaires par rapport aux sociétés qui compteraient le plus de situations de « burn-out ».