L’apprentissage, un enjeu de taille pour le BTP

BTP
(Mis à jour le: 6 février 2015)
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Face aux soucis des petits acteurs en bâtiment

Les entreprises artisanales et les petites entreprises du bâtiment ont connu d’énormes difficultés pour préserver leur activité face à la crise qui se prolonge et dont l’enjeu est forcément très marqué par le contexte économique morose. Chaque semaine, dans tous les métiers et dans toutes les régions, des entreprises artisanales ferment, faute d’activité ou de trésorerie.

L’un des principaux soucis de ces acteurs est, d’une part, de relancer l’apprentissage, en recul de 8% par rapport à 2013 et d’atteindre l’objectif des 500 000 apprentis en 2017, et de l’autre, de lever les obstacles structurels qui freinent la progression de l’apprentissage. Parmi ceux-ci se trouvent le cadre règlementaire applicable aux embauches, en particulier pour les mineurs et les apprentis (temps de travail, travaux autorisés, sécurité au travail…), le statut de ces derniers, mais aussi la question de leur rémunération.
Les différents acteurs demandent le maintien d’aides publiques pour l’apprentissage, mais aussi une rationalisation des règles sur les apprentis mineurs, pour autoriser les chefs d’entreprise à faire travailler les jeunes dans des conditions sûres, mais réelles et productives.

Face aux soucis du gouvernement

Le gouvernement veut aller vite et propose deux solutions majeures : d’une part, l’annonce de la création d’une aide de 1000 euros pour les entreprises recrutant un apprenti pour la première fois dans les branches ayant signé un accord fixant des objectifs de développement de l’apprentissage et d’autre part, l’annonce de l’aide « apprentissage» qui figure déjà dans un amendement au projet de loi sur la simplification de la vie des entreprises. Le texte gouvernemental, adopté par l’Assemblée nationale, instaure ainsi une incitation financière pour les entreprises de moins de 50 salariés recrutant un apprenti pour la première fois, une modification de la réglementation sur la protection des jeunes salariés de moins de 18 ans ou des apprentis lors des travaux en hauteur, incitant à leur recrutement avec des règles de protection ne remettant pas en cause leur sécurité, et enfin une réglementation simplifiée des «travaux sur machines déclarées dangereuses » dont la procédure précédemment lourde sera allégée, mais soumise à un contrôle renforcé afin de favoriser l’embauche des apprentis.

Face aux soucis de la formation

L’embauche ou le maintien d’un apprenti est souvent tributaire de sa formation. La baisse sensible du nombre d’apprentis interpelle un secteur très attaché à ce mode de transmission des savoirs. En deux ans, une perte inquiétante de près de 40% des jeunes apprentis du bâtiment est enregistrée faute de formation continue. La formation en alternance est plus que nécessaire, ces apprentis symbolisent la relève. D’un côté, il est toujours valorisant pour un artisan de former un apprenti. Et de l’autre, de l’inquiétude surgit quant aux formations très longues proposées par certains industriels. Pour eux, cette compétence fait partie de la pérennité du métier alors qu’un bon artisan n’aurait besoin que d’une rapide actualisation de ses connaissances pour mettre en oeuvre ces produits nouveaux. Sans compter que les formations de plusieurs centaines d’heures grèvent les budgets de plus en plus contraints de la formation professionnelle.