La transition énergétique : le BTP, sa priorité

(Mis à jour le: 28 janvier 2015)
La transition énergétique : le BTP, sa priorité
4.2 (84%) 5 vote[s]

C’est dans la journée du mercredi 1er octobre que Ségolène Royal, ministre de l’Écologie a dévoilé son projet de loi concernant la transition énergétique. E citant les nombreux avantages de ce projet, elle a réussi à convaincre la majorité (314 voix sur 533) de l’Assemblée nationale. Le projet a été adopté depuis le 14 octobre dernier, mais avant son application réelle, de quoi s’agit-il réellement et pourquoi cible-t-il en priorité le BTP ?

La transition énergétique

Ce projet de loi se décline en huit titres, 65 articles et 173 pages. Il vise la mise en place d’un nouveau modèle énergétique plus avantageux tant pour les entreprises que pour les particuliers. La loi cible différents secteurs, mais a choisi comme chantier principal le BTP puisque ce secteur est le plus énergivore de France.

Les avantages de la transition énergétique

La transition énergétique de Ségolène Royal propose des objectifs sur le moyen et le long terme. Parmi les bénéfices qu’elle pourrait nous apporter, on cite :

  • La réduction des émissions de gaz à effet de serre à raison d’une diminution de 40 % d’ici en 2030
  • La réduction de 75 % à 50 % du poids du nucléaire d’ici en 2025
  • La réduction de 30 % de la consommation de ressources fossiles en 2030
  • L’augmentation des énergies renouvelables de 23 % en 2020 et de 32 % en 2030
  • L’indépendance énergétique du pays et surtout des départements d’outre-mer
  • L’amélioration de la qualité de vie de chacun avec une réduction des factures énergétiques
  • La création d’emplois

Et d’autres encore … Le projet de loi propose alors de grands enjeux pour l’avenir du pays.

Le BTP comme chantier principal

Le secteur du BTP se retrouve en pole position des cibles de la transition énergétique et pour cause, il serait le plus gros consommateur d’énergie en France. En ce qui le concerne, le projet de loi projette alors de rénover énergétiquement 500 000 logements par an à partir de 2017. Un objectif ambitieux qui a été annoncé depuis 2012, mais qui jusqu’ici, n’a rien eu de très concret. La grande majorité de ces logements rénovés appartiendront aux ménages modestes et quant aux nouveaux bâtiments, les constructeurs devraient les mettre aux normes « bâtiment basse consommation ». En ce qui concerne les nouveaux bâtiments publics, ils devront afficher une exemplarité énergétique en privilégiant l’énergie positive.

Avec d’aussi importants objectifs, le secteur de la construction profitera grandement de cette transition et les professionnels s’attendent déjà à plus de 75 000 emplois nouvellement créés pour la réalisation du projet. Pour les sociétés œuvrant dans la filière bois, elles escomptent déjà un peu plus de 60 000 emplois à créer pour la construction bois et bio-masse.

Des retombées positives sur d’autres filières

Dans le cadre du développement du secteur BTP, d’autres filières en ressentiront également les retombées comme le secteur de l’énergie. En effet, le projet de loi prévoit la fabrication d’un peu plus de 35 millions de compteurs intelligents : Linky pour l’électricité et Gazpar pour le gaz. Leur production nécessitera un investissement de six milliards d’euros et donnera naissance à 11 000 emplois. Outre les entreprises qui se préparent à les produire, les artisans qui doivent les installer se mettent aussi en condition.

La filière énergie n’est pas la seule à en bénéficier, mais les consommateurs sont, au final, les bénéficiaires principaux. En effet, grâce à la transition énergétique, il sera possible de « diviser par deux » la facture énergétique et ce, grâce à des logements entièrement rénovés, fonctionnant à l’énergie passive ou positive, neufs et mieux isolés.

500 amendements retenus sur 2 300

Pour avoir gain de cause, Ségolène Royal, durant sa présentation devant l’Assemblée, a évoqué la carte du « mettre à disposition des acteurs de la croissance verte des moyens concrets pour y arriver » surtout que le mouvement est lancé depuis longtemps. La transition énergétique aura alors pour mission de mettre à disposition des acteurs de la croissance verte des outils pour atteindre les objectifs qu’ils se sont déjà fixé depuis le début du mouvement.

Rappelons que ce projet de loi a été adopté le 30 juillet 2014 par le conseil des Ministres et a été repris par une Commission spéciale à partir du 9 septembre. La Commission spéciale a passé 85 heures à en étudier le contenu. Ainsi, sur les 2 300 amendements déposés, seuls 500 ont été adoptés.

 

Le projet de loi sur la transition énergétique a aussi dans son collimateur l’amélioration du transport, le recyclage des déchets, les filières renouvelables et le plafonnement du nucléaire.