La fréquence cardiaque pour mesurer les astreintes thermiques

retour du salarié au travail
(Mis à jour le: 16 avril 2015)

Une astreinte thermique se traduit par ce que subit le corps du salarié dans son environnement de travail. L’INRS attire aujourd’hui l’attention de tous sur ce phénomène et compte d’ailleurs le mesurer. Pour ce faire, il souhaite s’appuyer sur la fréquence cardiaque des salariés.

Qu’est-ce qu’une astreinte thermique ?

Selon Emmanuelle Turpin-Legendre, experte à l’INRS, tout salarié est quotidiennement exposé à un environnement qui inclut la température et le bruit. Ces éléments sont considérés comme les contraintes de l’environnement. L’astreinte est quant à elle considérée du point de vue physiologique, c’est-à-dire les contraintes que subit le corps. Par exemple, si le salarié doit travailler dans un environnement trop chaud, il va transpirer, avoir des malaises, des crampes de chaleur, des rougeurs et finalement, un coup de chaleur qui fait grimper la température corporelle à 40°C. Non seulement le salarié sera dans un état lamentable, mais cette température peut entraîner sa mort. Ce sont toutes ces sensations que l’INRS souhaite découvrir derrière les extrapulsations cardiaques thermiques.

 

Qui sont les salariés concernés ?

L’INRS souhaite orienter ses études sur les salariés exposés directement à la chaleur que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur d’un bâtiment. Parmi les milieux à risques, on cite les fonderies et les papeteries. Outre ces ouvriers, certains salariés qui doivent également porter des combinaisons étanches dans l’exercice de leurs fonctions qui empêchent l’évaporation corporelle. Même si dans leur cas, il ne s’agit pas de leur environnement de travail, c’est cet équipement étouffant qui engendre des astreintes thermiques. Il est très possible qu’il fasse seulement 25°C dans l’environnement de travail, mais à l’intérieur de la combinaison, il fait plus chaud encore.

Le port de ce genre de combinaisons est surtout remarqué dans l’industrie nucléaire, chimique ou encore sur les chantiers de désamiantage.

 

Qu’appelle-t-on extrapulsations cardiaques thermiques ?

Les extrapulsations cardiaques thermiques ou EPCT sont une mesure physiologique calculée à partir de l’enregistrement de la fréquence cardiaque ou FC. Pour ce faire, le salarié devra porter une ceinture au niveau du torse avec des électrodes. Pour commencer le test, la fréquence cardiaque sera d’abord mesurée au repos puis au travail et de nouveau au repos.

Partie de l’énergie mécanique que la personne met en œuvre pour faire une action va se transformer en chaleur. Cette partie mécanique est récupérée dans les trois premières minutes suivant l’action ce qui n’est pas le cas de la partie thermique dont la récupération va se faire progressivement.

Les EPCT seront alors représentées par la différence de la moyenne de fréquences cardiaques des 3ème, 4ème et 5ème minutes de la deuxième mesure de la FC de repos et de la première FC de repos.

Des EPCT inférieures à 20 battements par minute signifient que la majorité des salariés, soit 95 %, ne sont pas exposés à une astreinte thermique trop élevée.

 

Pourquoi dit-on que les EPCT sont le meilleur indicateur d’astreinte thermique ?

De nombreuses méthodes ont été utilisées pour mesurer les EPCT, toutefois aucune d’entre elles ne s’est avérée adéquate face aux intenses chaleurs, au port de tenue étanche ou encore aux expositions brèves ce qui n’est pas le cas des EPCT. Grâce à cette nouvelle méthode, il est possible de mesurer avec précision l’astreinte thermique globale surtout lorsque le salarié utilise des outils dangereux ou inadaptés. L’autre avantage c’est que les EPCT peuvent être mises en place facilement, donnent des résultats sûrs et sont supportées par tous les travailleurs.

 

Mesurer les EPCT est-il obligatoire ?

Non, mesurer les EPCT des salariés n’est aucunement obligatoire, seulement conseillé. Pour les chefs d’entreprise qui souhaitent l’appliquer, la bibliographie de l’INRS reste à leur disposition ainsi que les experts et le médecin du travail. Dire qu’il s’agit-là d’un premier pas vers l’amélioration des conditions de travail des salariés n’est pas adapté, puisque des pas, il y en a déjà eu beaucoup auparavant. Il s’agit juste d’un nouvel outil pour améliorer les conditions de travail.