Karoshi : nouveau risque pour les salariés ?

(Last Updated On: 23 septembre 2015)

Karoshi est un terme japonais qui signifie « mort subite par surcharge de travail ». Il a été détecté comme un nouveau risque auquel les travailleurs sont exposés et pour s’en protéger, Stéphanie Ladel, fondatrice du Cabinet Social nous en apprend davantage.

Le risque Karoshi

Le risque Karoshi est encore peu connu dans l’Hexagone, mais il est pris très au sérieux au Japon. Il se traduit par le décès subit d’un travailleur à cause d’une overdose de travail. La mort peut survenir de différentes manières dont la crise cardiaque est la cause la plus fréquente. Toutefois, elle peut également être le fruit d’un suicide à cause de la surcharge de travail.

 

Karoshi : une maladie professionnelle

Ce terme est apparu pour la première fois en 1969 au Japon suite à la mort d’un jeune salarié Japonais. Le risque Karoshi y est depuis considéré comme une maladie professionnelle.

 

Un phénomène grandissant

Puisque le Japon est le seul à l’avoir reconnu, les statistiques qui y ont été enregistrées démontrent une tendance à la hausse des cas. D’après Stéphanie Ladel, le nombre de salariés souffrant du Karoshi a augmenté à partir de la fin des années 1980. Toutefois, établir le diagnostic s’avère encore difficile. Le seul moyen vraiment sûr pour diagnostiquer cette maladie repose sur le temps de travail de la personne décédée. S’il s’avère être excessif à l’échelle d’une journée ou d’une semaine, Karoshi peut être la cause du décès du salarié.

 

Le repos est primordial

Pour éviter le risque Karoshi, le repos est primordial et doit être respecté que ce soit par le salarié concerné ou par ses employeurs. De ce fait, même si on souhaite travailler et travailler encore, il faut penser à s’arrêter de temps en temps, car aussi bien notre esprit que notre corps ont leurs limites. Il faut donc penser à se ménager pour éviter de tomber dans la dépression ou souffrir d’une maladie cardio-vasculaire. Aussi, aucun traitement ne peut remplacer le repos.

 

Les mesures à prendre

Outre le repos, d’autres mesures permettent d’éviter le risque de Karoshi dont la plus simple est de mesurer son temps de travail quotidien. Pour cela, une sensibilisation s’impose au niveau de tous les salariés, cadres et non-cadres pour que le Karoshi soit enfin reconnu à travers le monde comme étant une cause réelle du décès d’un salarié. Il faut également faire le lien entre quête perpétuelle de productivité et le risque de Karoshi surtout que de nouveaux modes d’organisation de travail malsains ont récemment été adoptés pour que l’entreprise fasse plus de profit. Pour se protéger de ce risque, il convient donc de :

  • Faire une conscientisation individuelle de son implication dans le travail afin de prévenir le risque de Karoshi
  • Ne pas imposer un nombre d’heures de travail strict tout en responsabilisant chacun à l’atteinte des objectifs
  • Aider ses proches qui foncent trop dans leur travail à s’en désintoxiquer un peu

Le problème avec le risque de Karoshi c’est que la personne qui en souffre ne s’écoute plus et pousse toujours plus loin ses limites au travail. Ses proches jouent donc un rôle majeur pour l’inciter à se reposer et à prendre conscience qu’il en fait trop.

 

Les bonnes questions pour s’auto-diagnostiquer

Pour établir soi-même son diagnostic et savoir si on frôle déjà le risque Karoshi, voici quelques questions auxquelles vous pouvez répondre :

  • Quel est mon temps de travail ?
  • Pourquoi ne puis-je pas m’octroyer un temps de repos ?
  • Pourquoi est-ce que je ne ressens plus du tout de stress, de faim et même de sommeil ?
  • Pourquoi fais-je une fixette sur mes objectifs professionnels par rapport à mon intégrité ? Quels en sont les enjeux et les risques ?
  • Que pourrais-je faire pour réduire les risques prioritaires ?

Ce sont, à première vue, des questions faciles, mais auxquelles les personnes qui font un début de Karoshi, ont beaucoup de mal à répondre. Là encore, la présence et l’intervention des proches est plus que nécessaire pour convaincre la personne de se faire aider sans que cela nuise à ses satisfactions professionnelles.

 

 

 

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