La formation des ATEX et Contre-ATEX

(Last Updated On: 9 juillet 2014)

En atmosphère explosive, un incendie peut provoquer des déflagrations imprévisibles : les Contre-ATEX. Virginie TÊTU, formatrice experte ATEX, revient sur ce phénomène peu connu et pourtant très dangereux.

L’apparition d’une atmosphère explosible (ATEX) peut intervenir soit à l’occasion d’un incendie, soit en l’absence d’incendie.

Ce que peu de primo-intervenants (sapeurs pompiers industriels ou de la Sécurité Civile) savent c’est qu’un incendie générant une explosion issue de l’inflammation de l’ATEX (six ou sept critères réunis selon le contexte) peut engendrer d’autres explosions, souvent inattendues pouvant être désignées sous le nom de « Contre-ATEX » .

 

La formation de Contre-Atex

Il ne s’agit pas d’un phénomène thermique à proprement parlé.

La Contre-ATEX peut intervenir de deux manières :

  • Par l’inflammation soudaine d’une atmosphère confinée, saturée de gaz imbrûlés et de particules de graphite (suie, effet similaire au coup de poussière), sous l’effet d’un apport d’oxygène extérieur. Ce phénomène s’appelle, en anglais, « backdraught » (Grande Bretagne) ou « backdraft » (États Unis) .
  • Par l’inflammation soudaine d’une fumée mélangée à de l’air sous l’effet d’une énergie d’activation (chaleur, étincelle). Ce phénomène, appelé « smoke explosion » en anglais, peut survenir plusieurs heures après l’extinction proprement dite, par exemple pendant le déblai. C’est pourquoi les pompiers restent en place après un incendie  jusqu’à l’assurance d’une extinction totale (absence de braises).

 

Ces phénomènes sont liés à l’explosion des fumées. En milieu clos (portes et fenêtres fermées), le feu a consommé tout le dioxygène disponible. L’apport d’air ( comburant) par l’ouverture d’une porte, va fermer l’hexagone ou le septagone de l’ATEX. Les pompiers intervenants sont piégés (exemple des explosions d’appartements à Paris où plusieurs sapeurs pompiers ont été tués).

En présence d’air (porte ouverte par exemple), on parle alors de « backdraft naturel ».Dans la situation où le foyer initial ne brûle plus, le front de flammes se situe à l’interface zone pauvre/zone riche en comburant (phénomène similaire aux rouleaux de flamme mais à la verticale). Ce front de flamme avance et recule de manière cyclique (mouvement de « respiration ») : il va vers la porte lorsque la pression dans la pièce augmente (évacuation des fumées), et revient vers l’intérieur de la pièce lorsque la pression dans la pièce diminue. Cette zone de flamme peut même se trouver momentanément à l’extérieur de la pièce. Une perturbation de ce régime, par exemple causé par le vent, peut faire entrer une quantité importante d’air dans la pièce, et peut donner lieu à une explosion.

L’ ATEX est un «  mélange avec l’air, dans les conditions atmosphériques, de substances inflammables sous forme de gaz, vapeurs, brouillards ou poussières, dans lequel, après inflammation, la combustion se propage à l’ensemble du mélange non brûlé ». Elle nécessite un domaine explosivité entre la LIE (limite inférieure d’explosivité) et la LSE (limite supérieure d’explosivité) alors que la CONTRE-ATEX, explosion de fumées, va se situer à l’interface zone pauvre-zone riche en comburant.

 

Prévention et lutte contre les Contre-ATEX

En intervention, pour éviter l’explosion, il faut impérativement évacuer les fumées chaudes sans faire entrer de l’air, en créant une ouverture en haut ou en utilisant les exutoires. Pour éviter que ce gaz chaud ne s’enflamme en sortant, il faut arroser les fumées (par diffusion ou pulvérisation)  juste au-dessus de l’ouverture pour les refroidir. Il ne faut jamais attaquer en jet direct un incendie générant des fumées importantes au risque de générer des turbulences (apport d’air) et de créer des CONTRE-ATEX.

 

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