Etude sur les nanomatériaux : qu’en sera-t-il d’ici une quinzaine d’années ?

Etude sur les nanomateriaux
(Last Updated On: 23 février 2015)
Etude sur les nanomatériaux : qu’en sera-t-il d’ici une quinzaine d’années ?
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Une enquête traitant le développement des particules nanométriques fabriquées dans un champ d’action s’étendant jusqu’en 2030 et la considération des risques du travail correspondants vient d’être lancée par l’INRS. Celle-ci comprend quatre scripts bien distincts.

Histoire, sociologie, chimie… 15 spécialistes issus de différentes disciplines ont été sollicités concernant l’étude des effets sur la santé et sécurité au travail de l’évolution des nanomatériaux manufacturés à l’horizon 2030. C’est dans un contexte de travail collectif que l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) a mené cette enquête. Myriam Ricaud, spécialiste en précaution des menaces chimiques et chargée du programme « Nanomatériaux », explique que pendant un an les membres de l’INRS se sont rassemblés une fois par mois pour déterminer les agents pouvant influencer la progression des nanomatériaux fabriqués d’ici une quinzaine d’années. C’est ainsi que les experts ont pu découvrir 31 paramètres comme par exemple la réglementation, les investissements publics et privés ou encore la place des différentes personnes impliquées (par exemples les ONG et les syndicats). Chaque variable a été accompagnée d’une fiche qui énonce ses évolutions antérieures et ses évolutions futures potentielles.

Quatre scénarios possibles.

Suite à la mise en commun de ces diverses suppositions, quatre canevas ont été sélectionnés. Le premier est le plus concret : la croissance économique de cette nouvelle technique est abondante et les menaces sont contrôlées. Le deuxième est tout le contraire : la crise ralentit les volontés et la société repousse les nanomatériaux. Les deux derniers scénarios sont plus variés. Le troisième représente ainsi l’emprise des industriels et le dernier les zones transfrontalières les plus riches, misant des fonds dans les nouvelles technologies et la création. Toutefois, un écart se creuse entre les progressions de la recherche sur les menaces et le développement de nouvelles matières.

Cet exercice de prévention permettra l’orientation des futures activités de l’INRS concernant les particules nanométriques. Myriam Ricaud précise qu’il serait convenable de continuer les efforts déjà menés portant sur l’estimation des dangers potentiels de ces matières et sur les degrés d’exposition des travailleurs. Elle ajoute que malgré les doutes qui persistent, il est nécessaire d’installer une politique de prévention des risques en société, concernant l’information, la sensibilisation et la formation des salariés, des médecins du travail et des chefs d’entreprise. Pour cela, des instruments de prévention qui s’avèrent valables existent déjà. En France, plus de 400 000 tonnes de ces matières ont été placées sur le marché en 2013. Myriam Ricaud insiste sur le fait que de nombreuses sociétés notamment les PME manient au quotidien des nanomatériaux sans le savoir, c’est la raison pour laquelle les lacunes d’information, de traçabilité et de communication doivent être comblées.

 

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