Esener-2 : une enquête sur les risques nouveaux et émergents au sein des entreprises

(Last Updated On: 30 novembre 2015)

Depuis quelques années, les risques psychosociaux se répandent de plus en plus au sein des entreprises européennes qui ne savent pas toujours comment y faire face. L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) a donc profité de la semaine européenne pour la sécurité et la santé au travail pour publier sa deuxième enquête à ce sujet, baptisé Esener-2.

L’objectif de l’enquête

En lançant cette enquête, l’EU-OSHA a voulu savoir comment les organisations, microentreprises comprises, géraient en pratique la santé et la sécurité au travail notamment les risques nouveaux et émergents dont les risques psychosociaux. Pour recueillir des informations, l’étude a été réalisée auprès de quelques 50 000 lieux de travail épars dans 36 pays à travers les 28 États membres de l’Union Européenne. Les résultats rassemblés donnent une vue globale sur la manière dont les risques pour la SST sont gérés en Europe. Ils ont été publiés sur le tableau de bord en ligne de l’Agence afin que les praticiens, les chercheurs et les décideurs politiques puissent chercher des mesures plus pertinentes et efficaces.

 

Les TMS et RPS en première place

Parmi les risques nouveaux et émergents les plus rencontrés, on peut citer les TMS (troubles musculosquelettiques) et les RPS (risques psychosociaux). Leur émergence a surtout été entraînée par les conditions de travail changeantes et l’apparition de nouveaux défis pour les entreprises. Ces dernières années, les entreprises ont par exemple dû faire face :

  • au développement du télétravail : 13 % des établissements sondés disent y recourir
  • à l’augmentation du nombre de salariés âgés : 21 % des entreprises déclarent que le quart de leur effectif ont plus de 55 ans

Les mesures prises contre les risques de SST doivent donc être adoptées en fonction de ces changements.

 

Le Top 3 des principaux facteurs de risques

Les principaux facteurs de risques découverts sont :

  • la confrontation avec des clients, des élèves et des patients difficiles : décriée par 58 % des établissements sondés
  • les positions fatigantes ou douloureuses : pointées du doigt par 56 % des établissements
  • les mouvements répétitifs des mains ou des bras se placent à la troisième position puisque 52 % des établissements s’en plaignent

L’évaluation comme mesure principale

Parmi tous les établissements enquêtés, 76 % d’entre eux privilégient l’évaluation régulière des risques pour mieux les gérer. 90 % d’entre eux considèrent que c’est la meilleure façon de les réduire. Si quelques-uns d’entre eux (7 % en Slovénie) font appel à des prestataires externes pour mener l’évaluation, la grande majorité (76 % au Danemark) le réalise en interne.

Une absence d’évaluation dans certains établissements

Pour ceux qui minimisent l’importance de l’évaluation, ils invoquent comme raison :

  • la connaissance des risques et dangers dans 83 % des cas
  • l’absence de problèmes majeurs dans 80 % des cas
  • le manque d’informations et d’outils adéquats pour traiter les risques

Christa Sedlatschek, directrice de l’EU-OSHA tient toutefois à rappeler que les RPS sont plus difficiles à traiter que les autres risques couramment rencontrés.

 

L’implication des salariés pour améliorer la gestion de la SST

L’Esener-2 a également mis en avant que plus les salariés étaient impliqués dans la vie de l’entreprise, mieux la qualité du travail était. L’implication interne des employés influe effectivement de manière positive sur la gestion de la santé et sécurité au travail notamment des RPS. Aussi,

  • 85 % des établissements déclarent que ce sont les obligations légales qui les ont poussé à s’y mettre
  • 79 % évoquent comme raison la satisfaction des travailleurs et de leurs représentants
  • 78 % s’y sont mis pour éviter les amendes de la part de l’inspection du travail

 

Le cas de la France

Voici les résultats que l’EU-OSHA a obtenus auprès des entreprises françaises :

  • Seules 56, 1 % d’entre elles réalisent des évaluations des risques sur le travail contre 77, 2 % en Europe
  • 74, 3 % privilégient les évaluations menées par le personnel interne contre 47, 1 % pour l’Europe
  • 83 % mènent une gestion de la SST à cause de son caractère légal
  • 81 % la réalisent pour répondre aux attentes des travailleurs et de leurs délégués
  • 70 % déclarent que les confrontations face aux clients, élèves et patients difficiles représentent le principal facteur de RPS contre 57 % en Europe
  • 70, 3 % avouent être confrontées à des positions fatigantes et/ou douloureuses, position assises prolongée comprise, contre 56 % en Europe
  • 60 % reconnaissent être concernés par les mouvements répétitifs de la main ou des bras
  • Seules 41 6 % des entreprises sondées font le lien entre productivités de l’entreprise et la SST
  • 47 % disent manquer d’informations pour l’intégration des risques psychosociaux dans les évaluations des risques. Ceci explique en partie la réticence de certaines entreprises à évoquer les problèmes relatifs aux RPS ainsi que l’absence de spécialistes en la matière et d’expertise
  • Seules 30 % des entreprises françaises, soit un établissement sur trois, ont mis en place un plan d’action pour prévenir le stress au travail
  • Seules 25 % d’entre elles disposent d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT)
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