Comprendre les risques invisibles 

risques invisibles
(Mis à jour le: 19 mars 2019)
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Si certains au travail sont observables de suite car provoquant une douleur aiguë, d’autres plus insidieux, ne font effet que des années après exposition et de ce fait sont parfois oubliés du plan de prévention des entreprises. Retour sur ces risques qu’il ne faut pas négliger pour autant. 

Qu’est-ce qu’un risque invisible ?

Sont souvent qualifiés risques invisibles, les dangers qu’on ne peut pas immédiatement voir ou sentir. Parmi ces risques, et non des moindres, on compte l’amiante, les cancérogènes mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR), les nanomatériaux ou encore les champs électromagnétiques. S’ils sont considérés comme « invisibles » c’est aussi parce que les mauvais préventeurs et les entreprises oublient parfois de s’en méfier. Les spécialistes de la prévention préfèrent omettre le terme « d’invisible » et classe les risques dans trois catégories différentes :
– les risques aigus, ceux que l’on perçoit de suite

– les risques chroniques, ceux qui prennent de l’ampleur avec le taux d’exposition

– les risques émergents, ceux qui sont encore soumis à des incertitudes scientifiques.

Les risques « invisibles » rentrent à la fois dans la catégorie des risques chroniques et celle des risques émergents. Leur impact est différé dans le temps sans que l’on connaisse précisément leur nature.

Comment s’en prémunir de manière générale ?

Aucun document ne décrit les mesures précises à prendre pour prévenir de ces risques. Seule l’anticipation semble être la meilleure des protections. Les enjeux juridiques semblent également avoir un impact sur la manière dont les entreprises prendront soin du problème. La mise en lumière de la responsabilité de chacun est une bonne manière de sensibiliser les chefs d’entreprise.

Au cas par cas

Particule près de 500 fois plus fine qu’un cheveu, l’amiante se dépose sur les poumons et peut provoquer à terme des maladies respiratoires gravissimes. Les effets de l’exposition à l’amiante ne se déclarent que des décennies plus tard. Le Code du Travail prévoit des dispositions précises quant aux travaux réalisés en milieux amiantés.
Les CMR peuvent se développer selon des contextes très différents. Pour pouvoir identifier les risques, il convient d’identifier les agents chimiques présents dans chaque produit utilisé. Le procédé prévention est alors le même que pour les autres agents chimiques : évaluation des risques, réduction ou suppression et sensibilisation du personnel.
L’exposition aux nanomatériaux peut elle aussi avoir lieu dans des contextes bien différents. S’il est difficile d’évaluer précisément les risques de l’exposition aux nanomatériaux, leurs effets sur la santé et notamment les voies respiratoires, semblent réel. Bien que les études scientifiques manquent encore, il s’agit de protéger d’ores et déjà les employés en les munissant par exemple de masques respiratoires.
Invisibles à l’œil nu, les champs électromagnétiques peuvent stimuler à outrance le système nerveux, chauffer les tissus biologiques et perturber les dispositifs électroniques dans le corps. Le port de protection individuelle, la surveillance médicale et la réduction de la portée de la source aident à réduire les risques.