Comment prévenir les addictions ?

comment prevenir les addictions
(Last Updated On: 2 décembre 2014)
Comment prévenir les addictions ?
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Les addictions ou pratiques addictives entraînent des conséquences graves dans la vie privée, sociale et professionnelle d’une personne. En ce qui concerne le milieu professionnel, de nombreuses mesures de préventions ont été adoptées pour l’éviter au maximum.

Les pouvoirs publics

Pour les années 2004-2008, l’État a mis en place un Plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l’alcool. Avec ce Plan, l’État a conseillé d’adapter les actions de préventions proposées aux conditions de travail. En 2011, de nouvelles mesures pour ce même plan ont été mises en oeuvre et en 2012, la préparation du futur plan gouvernemental a été entamée par la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie).


Cette organisation, à travers ce nouveau plan en préparation, souhaite améliorer la prévention des comportements addictifs à travers une politique volontariste et la prise en compte des nouvelles formes de consommation et d’offre. Elle souhaite, par la même occasion, réduire les conséquences négatives liées aux usages de produits addictifs.

Dans le milieu professionnel

Les effets des pratiques addictives se ressentent de plus en plus dans le milieu professionnel et c’est pour cela que les addictions font de plus en plus l’objet de mesures préventives.
Ainsi, en 2013, l’INRS a édité une brochure intitulée « Pratiques addictives en milieu de travail : principes de prévention ». Cette brochure vise à aider les entreprises à prendre les addictions au sérieux dans leur démarche de prévention de la SST (santé et de la sécurité au travail). Elle regroupe environ 32 pages portant sur l’addiction et ses caractéristiques. Un guide pour la démarche de prévention y est également proposé et quelques précisions concernant la règlementation en vigueur.

Mesures préventives Vs mesures de répression

Depuis toujours, les entreprises interdisent à leurs employés la consommation d’alcool ou d’autres produits addictifs au sein de l’entreprise et pendant les heures de travail. Si les employés respectent cette règle, cela ne change rien au problème, car dans la majorité des cas, les pratiques addictives sont réalisées en dehors du cadre du travail, mais leurs conséquences se ressentent jusque dans le travail de la personne. Autrement dit, les mesures de répression sont utiles, mais pas forcément efficaces ce qui n’est pas le cas des mesures préventives. En effet, ces dernières ont plus d’effets, car elles s’attaquent directement aux causes des addictions.
Il est vrai que si un salarié ne respecte pas le règlement, l’employeur peut le pénaliser ou même le renvoyer, mais dans ce cas, l’entreprise s’expose à des poursuites pour non-assistance à personne en péril.
Face à un salarié soumis à des pratiques addictives, l’entreprise et les collègues doivent donc prendre leurs responsabilités et non pas seulement, ramener la personne chez elle pour cacher sa vulnérabilité aux responsables. Pourquoi ? Parce qu’en cachant l’addiction, vous devenez complice du vice et la personne continuera encore pensant que vous serez toujours là pour camoufler ses méfaits. Le problème c’est que plus elle continue, plus la dépendance sera grande et plus tard, la situation deviendra ingérable et pour elle et pour vous. Les conséquences deviendront également plus lourdes et alors, la situation sera plus grave. C’est pour éviter une telle situation que les spécialistes recommandent une prévention collective et non individuelle afin qu’il n’y ait plus de tabous à ce sujet.

Une prévention collective

L’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie) joue un rôle important dans cette démarche de prévention collective. Elle aide les dirigeants d’entreprise à mettre en place une démarche préventive efficace. Pour ce faire, l’association ne manque pas de leur rappeler leurs obligations en ce qui concerne la garantie de la santé et de la sécurité de leurs employés. Elle leur présente aussi ce que sont les pratiques addictives, car pour réussir une démarche préventive, il faut d’abord connaître le problème.
Ainsi, la démarche proposée par l’ANPAA vise à :
– définir le rôle de chaque acteur de l’entreprise en partant de l’employeur au représentant du personnel sans oublier le CHSCT et le médecin du travail
– apprendre les signaux d’alerte comme de fréquents accidents de travail
– apprendre le comportement à adopter face au problème
– analyser les conditions de travail pour les améliorer
– réviser le règlement de l’entreprise pour essayer de les le rendre plus souple ou plus strict
Toujours dans un souci d’établir une prévention collective, il est aussi possible de se baser sur l’approche de Claude Olievenstein donc en adoptant un schéma tripartite focalisé sur :
– l’individu : essayer de le rendre plus responsable, de le valoriser, de renforcer ses compétences et de le rendre auto-efficace, …
– le produit ou le comportement : mieux informer le salarié sur le produit, lui parler des risques, limiter son exposition au produit, …
– le moment socioculturel : proposer de l’aide au personnel, mettre en place une gestion managériale de taille humaine, activer les réseaux, …

Comment mener à bien la politique globale ?

Un plan de prévention des conduites addictives doit être mis en place au sein de l’entreprise pour mener à bien la politique générale. Pour ce faire, vous pouvez vous baser sur les éléments du colloque organisé par le CDG des Pyrénées Atlantiques en octobre 2012. Ces éléments sont :
– l’état des lieux
– la constitution d’un groupe de travail
– la sensibilisation de tous les agents
– la formation : encadrement, modalités d’intervention et mises en situation
– information et communication sur les risques des produits addictifs et sur la démarche de prévention
– l’évaluation
– l’application des procédures
– l’élaboration de protocoles
– l’élaboration de propositions pour le règlement intérieur
– la définition du rôle de chaque agent dans la démarche de prévention
– l’accompagnement et le suivi des personnes en difficulté
Si vous reprenez ces éléments au sein de votre entreprise, il faut faire attention de bien respecter le rôle de chacun. Il faut également inviter tous les agents à y participer de manière active, non-stigmatisante et durable afin que la prévention soit vraiment appliquée avant qu’une dépendance ne survienne. Il est également possible d’utiliser le dépistage, à condition que le médecin de prévention respecte le secret médical. Face à un test positif, il doit essayer d’en discuter avec la personne concernée et ne pas la réprimander tout de suite. Connaître les raisons de son addiction et l’aider à s’en sortir est plus utile que de le dénoncer à ses supérieurs.

 

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