BTP : les maçons plus exposés au cancer du poumon ?

BTP les macons plus exposes au cancer du poumon
(Mis à jour le: 19 mars 2019)

C’est le résultat alarmant qu’une étude épidémiologique a pu déterminer. Ce résultat a été publié dans l’International Journal of Cancer.

Augmentation des risques en fonction de la durée d’exposition

D’après cette étude, le risque d’attraper un cancer du poumon s’accroît en fonction de la durée d’exposition du travailleur aux agents cancérogènes.

Les agents cancérogènes engendrent un cocktail nocif

Dans le bâtiment, les travailleurs sont quotidiennement exposés à différentes substances cancérogènes. Si le maçon y est exposé longuement, les agents interagissent entre eux et donnent naissance à un cocktail nocif engendrant des effets synergiques.

Cinq millions de travailleurs exposés

Cette étude épidémiologique a permis de déduire que sur les 11 millions de salariés travaillant dans le secteur du BTP, plus de cinq millions sont exposés à des agents cancérogènes. Parmi ces derniers, on cite la silice cristalline que l’on retrouve dans le sable, dans la pierre et dans l’argile et que les maçons utilisent pourtant en grande quantité.

Selon les professionnels, cet agent est obtenu en grande quantité durant la découpe de matériaux comme la céramique. L’étude estime que les 20 % des travailleurs dans le BTP y sont quotidiennement exposés et pour prévenir le cancer du poumon.

Les effets de la silice cristalline

Un ouvrier qui inhale de la silice sur son lieu de travail n’en ressent pas les effets immédiats. Ce n’est que durant sa retraite que les premiers effets se feront ressentir puisque dans la majorité des cas, la maladie survient après une exposition longue à l’agent cancérogène.

Il faut savoir que l’inhalation de cette particule engendre ce qu’on appelle la silicose qui se traduit par une inflammation chronique pouvant mener à une fibrose pulmonaire.

Jusqu’à sa retraite, l’ouvrier ignore souvent qu’il couve une telle maladie donc, quand il le découvre, il est trop tard puisque les préventions auraient dû être appliquées lorsqu’il travaillait encore.

BTP les peintres plus exposes au cancer du poumon

Les métiers à risques

Tous les travailleurs dans le bâtiment et travaux publics sont concernés par ce phénomène toutefois, on cite quelques métiers affichant plus de risques à savoir :

  • Les maçons
  • Les charpentiers
  • Les couvreurs

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  • Les peintres

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  • Les conducteurs d’engins
  • Les pilotes de machines excavatrices
  • Les ouvriers en contact avec l’asphalte

Cette étude s’est toutefois intéressée de près au cas des maçons, car de nos jours, de plus en plus d’entre eux sont diagnostiqués pour un cancer du poumon.

Le projet Synergie

Le projet Synergie se focalise sur des études de cas-témoins de cancers du poumon détectés dans 13 pays européens différents ainsi qu’à Hong-Kong, au Canada et en Nouvelle-Zélande. Son principal objectif est de déterminer les effets conjoints des différents agents cancérogènes pulmonaires tels que la silice cristalline, l’amiante, le nickel, les composites du chrome et les hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Ce projet a permis de confirmer le fait que les maçons sont plus exposés que tout autre travailleur dans le BTP.

Selon les chercheurs, le verdict est sans appel, car durant l’étude, une hausse du risque de cancer du poumon a été observée. Cette augmentation repose sur deux facteurs :

  • La durée d’exposition
  • L’exposition à ces agents

Plus le maçon y est exposé, plus les risques de rencontrer le cancer du poumon sont élevés.

Recommandations

La seule recommandation que les chercheurs ont pu donner c’est de renforcer les mesures préventives, non seulement pour les maçons, mais pour tous les travailleurs dans le BTP puisque ces poussières se retrouvent dans toutes les branches du bâtiment. La stratégie de prévention devrait donc être focalisée sur le cancer du poumon et pour ce faire, le contrôle des émanations de poussières est fortement conseillé surtout si celle-ci contient de la silice cristalline.

Il faut souligner que la silice cristalline n’est pas couverte par la directive européenne sur les cancérogènes au travail. C’est la réglementation des Agents chimiques dangereux ou ACD qui l’encadre. Dans tous les cas, il est avant tout nécessaire de mettre en place une bonne stratégie de prévention.