Alcool et drogue sur le lieu de travail : dépistage précoce avec des questionnaires

alcool au travail
(Mis à jour le: 22 février 2019)
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Pour mieux prévenir les risques liés à la consommation de drogue ou d’alcool sur le lieu de travail, des documents sous forme de questionnaires ont été établis. Et seront utilisés lors des visites médicales.

La loi de juillet 2011 a imposé aux services de santé dans le milieu professionnel une mission de prévention dans la consommation d’alcool ou de drogue au lieu du travail. Au minimum, il s’agit d’interroger les salariés lors de la consultation sur leur consommation de substances psychoactives (mode, quantité et fréquence de consommation). Ceci étant, un questionnaire standard est plus efficace, car il évite toute confrontation et permet d’aborder les conséquences liées à un usage donné.

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Choix entre trois questionnaires

Dans cette optique de prévention, trois questionnaires ont été conçus. Le premier, dit « Deta » (Diminuer, Entourage, Trop, Alcool) figure dans le guide utilisé par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES). Les quatre questions qui y figurent permettent de déterminer si la personne a déjà éprouvé le besoin de réduire sa consommation d’alcool, si elle a déjà reçu des remarques sur cette consommation, si elle a l’impression d’abuser de l’alcool et si elle a besoin d’alcool le matin pour bien affronter la journée. Dès que deux de ces réponses sont positives, il y a donc un fort risque d’alcoolo-dépendance. Mais cette série de questions a ses limites : le fait que les réponses ne soient basées que sur le ressenti. En effet, lorsque le patient répond à ce questionnaire, il fera surtout référence à ce qu’il ressent et non à des chiffres précis ou des éléments bien concrets.

A plus grande échelle, on retrouve le questionnaire « Audit » (Alcohol Use Disorders Identification Test) qui a pour but de repérer (au niveau international) la consommation d’alcool. Ce questionnaire a été conçu par l’OMS (Organisation Mondiale de la santé). Les questions tournent autour de la consommation d’alcool du patient, des symptômes révélant une certaine forme de dépendance et des conséquences néfastes liées à un abus dans la consommation. Le questionnaire a été adapté en France puis validé officiellement en 2005. Le souci, c’est que le remplir prend du temps. C’est pourquoi des questionnaires moins longs ont été établis, dont l’Audit-C, qui ne comporte alors plus que trois questions.

Le troisième questionnaire se compose de cinq questions, qui concernent notamment la fréquence de consommation, la quantité (dosage) et les ressentis du patient salarié. Si le dépistage révèle un usage à risques, le professionnel de santé peut alors intervenir, mais de manière brève. Ainsi, en quelques minutes seulement, il fait en sorte que le patient prenne conscience des risques et soit incité à changer de comportement. En matière d’alcoologie, ce type d’intervention est une méthode thérapeutique basée sur trois principaux éléments: l’évaluation, le conseil, ainsi que la stratégie comportementale.

Ces questionnaires au choix sont alors des outils pour minimiser les risques liés à la consommation d’alcool ou de drogue au travail.